Les entreprises ont encore du mal à faire bon usage de leurs données

Par 28 janvier 2015 2 commentaires
Les entreprises ont encore du mal à faire bon usage de leurs données

Les entreprises qui parviennent à utiliser régulièrement leur flux de données, se révèlent plus performantes et plus rentables que leurs concurrents. Encore faut-il en fluidifier l’accès et la gestion.

Bon nombre d’entreprises investissent dans la collecte de données au sein de leur société, mais beaucoup peinent à les extraire et à les diffuser correctement. S’il est certain que la collecte et la distribution de données rendent les entreprises plus dépendantes aux technologies, cette démarche les aide à être plus innovantes. Pour une meilleure efficacité, les  données doivent pouvoir circuler et être utilisées par les salariés. Selon l’étude* de The Economist qui a interrogé des entreprises situées en Amérique du Nord, en Asie et en Europe, les données d’ores et déjà consultables dans les entreprises sondées concernent en majorité les transactions quotidiennes : ventes, retours, livraisons (77%) mais également les données concernant les procédés internes à la société  tels que les inventaires, le contrôle de qualité ou les paiements (64%). Étonnamment, les données les moins disponibles sont celles concernant les clients : quantité, comportement, retour client). Or, il s’avère que le niveau d’accessibilité aux données n’est pas le même dans toutes les entreprises.

Décloisonner l’accès aux données

L’étude insiste sur le fait qu’il est primordial que les employés puissent accéder aux données afin de les exploiter pour leurs différentes missions sans avoir à respecter de protocoles longs et fastidieux. En se basant sur les réponses des sondés, on constate que dans la majorité des entreprises, la répartition des données n’est pas équitable. L’accès est strictement limité et contrôlé dans 39% des sociétés, et certains départements ont plus de facilité à accéder aux données que d’autres dans 65% des entreprises. Sans compter que la prise de conscience varie selon la strate hiérarchique. L’étude révèle en effet que les PDG ont rarement conscience de ce problème d’accessibilité au sein de leur propre entreprise. Les autres cadres en revanche, de par leur place stratégique au cœur de l’entreprise, ont bien conscience de ces failles. Les chiffres sont éloquents : 47% des PDG pensent que leurs employés ont un accès libre aux données alors que seuls 27% des employés confirment y avoir accès. Près d’un tiers des sondés déclarent qu’une meilleure accessibilité aux données au sein de leur entreprise a permis une circulation rapide et efficace de l’information.  Leur utilisation par tous les niveaux hiérarchiques a rendu la prise de décisions et leur exécution plus rapide. Sans compter que cela contribue à responsabiliser les employés, à accélérer les processus d’innovation.

Vers une évolution du fonctionnement des entreprises ?

Pour inciter les employés à faire un usage régulier des données, il est nécessaire de créer une culture basée sur celles-ci. Les données doivent être disponibles en permanence, de manière logique et compréhensible. L’entreprise doit ensuite relier les données disponibles aux objectifs de l’entreprise mais aussi objectifs personnels des individus. Plus de la moitié des entreprises (58%) ont notamment recours à des formations sur l'utilisation des données couplées à l’installation d’un support d’aide à leur utilisation. Le parrain de l’étude, Teradata, offre l’exemple de McCain qui est en mesure en prévoir ses ventes et d’anticiper ses résultats comptables par un usage judicieux de ses données.

On constate une réelle évolution dans l’utilisation des outils de travail analytiques, qui confère une autonomie certaine aux salariés. L’enquête quant à elle démontre clairement l’impact positif de l’accessibilité des données au sein d’une entreprise : 63% des sondés déclarent avoir observé une meilleure circulation des informations et des connaissances. 57% d'entre eux, ont également noté une amélioration de la réactivité du personnel concernant la gestion des risques internes. Si la qualité et la vitesse d’exécution des tâches sont impactées positivement par une bonne gestion de l'information, l’étude souligne que les entreprises moins performantes et innovantes éprouvent encore aujourd'hui des difficultés à inclure les données dans leur fonctionnement.

*Etude réalisée par la branche Recherche et Analyse du groupe The Economist sur la base des réponses de 362 personnes.

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2 Commentaires

Pire ! souvent elles ne savent même pas qu'elles en ont !

Soumis par jerome wallut (non vérifié) - le 29 janvier 2015 à 09h32

aussi, à l'instar du bilan comptable & financier, social, voire environnemental, il serait bon d'envisager un bilan data (informationnel). Il permettrait d'ailleurs de prendre conscience de la valeur de la donnée, et à fortiori de la nécessité de la protéger...et là on prendre conscience des mesures de sécurité (cybersécurité) qui fait tant défaut en France.

Soumis par E relation Territoriale (non vérifié) - le 29 janvier 2015 à 12h10

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