Les entreprises qui ont marqué l'année - France Télécom : une entreprise qui devient comme les autres

Par 21 décembre 2005
Mots-clés : Digital Working, Europe

L'histoire a fait bénéficier France Télécom d'un avantage compétitif incomparable : la confiance des Français. Et, si cette année a été charnière pour l'opérateur, c'est bien que cet avantage...

L'histoire a fait bénéficier France Télécom d'un avantage compétitif incomparable : la confiance des Français. Et, si cette année a été charnière pour l'opérateur, c'est bien que cet avantage perd du terrain. La réticence que les consommateurs exprimaient jusque là envers les opérateurs alternatifs (difficulté à joindre l'assistance technique, crainte de l'arnaque...) s'est atténuée par une prise de conscience collective : et si France Télécom devenait un opérateur comme les autres ?
L'année 2005 a été celle de la condamnation historique de France Télécom à 80 millions d'euros d'amende pour abus de position dominante. Cette sanction financière est symbolique, la plus grosse jamais décidée par le Conseil de la concurrence. L'opérateur est définitivement descendu de son piédestal.
Alors qu'il a eu du mal à se défaire de son monopole sur la téléphonie fixe, ce qui lui coûtera en tout 120 millions d'euros (80 millions pour abus de position dominante, 40 millions pour non-respect de l'injonction), l'opérateur a été accusé d'entente oligopolistique dans la téléphonie mobile. Orange a été condamné à une amende de 256 millions d'euros. Le groupe a annoncé faire appel de cette sanction tout comme Bouygues et SFR.
En 2005, Orange et ses deux camarades ont vu apparaître de nouveaux concurrents : les MVNO ( Mobile Virtual Network Operators ) ou opérateurs virtuels. La condamnation des trois opérateurs à une amende historique a fait naître des revendications chez les abonnés qui pourrait bien déclencher leur fuite vers les MVNO. Nouveau défi pour l'opérateur historique qui possède un avantage sur les opérateurs virtuels : la possibilité d'une convergence fixe/mobile...
Cette opportunité est déjà exploitée par France Télécom qui propose une offre fixe/mobile à destination des PME. Lancée en septembre, Business Talk Pack marque le premier pas de France Télécom dans une direction au potentiel certain. Cette offre pourrait bientôt être mise à disposition du grand public.
Côté téléphonie fixe classique, un sondage montrait, en septembre, qu'un Français sur deux était prêt à quitter France Télécom. Le passage à l'acte a suivi puisque l'Arcep prévoit une hémorragie de 500 000 abonnés sur les deux derniers mois de l'année 2005.
Aujourd'hui, comme les autres opérateurs alternatifs, France Télécom centre sa stratégie sur la convergence avec des offres Triple Play (TvIP, VoIP, haut débit). En juillet 2004, il avait lancé la Livebox. Le succès de cette offre est au rendez-vous : fin 2005, plus d'un million de Livebox ont été vendues.
Les chiffres sont parlants : alors que la téléphonie classique de l'opérateur subit une hémorragie de 10 000 abonnés par semaine, la Livebox, elle, est adoptée, dans le même temps, par 46 000 foyers. Ce revirement stratégique plonge France Télécom dans une concurrence accrue où elle est un acteur comme les autres. Cette année, l'opérateur gagne deux rangs pour devenir le deuxième acteur mondial sur le marché de l'ADSL en nombre d'abonnés.
Points forts :

Capital confiance des investisseurs : une marque connue qui se vend bien
Succès de son offre Triple Play : 1 million de Livebox
Points faibles :

Les offres de l'opérateur ne sont plus différenciées de celles de ses concurrents
Plusieurs condamnations cette année ont terni son image
(Atelier groupe BNP Paribas - 21/12/05)

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