Les entreprises qui ont pris le virage du numérique, plus performantes en tous points

Par 16 novembre 2012 Laisser un commentaire
entreprises digitalisation

Globalement, le nombre de sociétés ayant intégré le digital à leurs processus n'est pas encore important. Mais les bons résultats qu'elles affichent devraient créer l'émulation.

Dans l'interview accordée à L'Atelier à l'occasion de l'événement Mobile, Social & Big Data à l'EBG, Patrick Ferraris, de Capgemini Consulting, revenait sur les résultats de l'étude publiée par le cabinet, avec le MIT Center for Digital Business. Selon lui, le nombre des entreprises ayant amorcé leur transformation digitale n'est pas encore élevé. Dommage, car celles qui se sont lancées enregistreraient d'ores et déjà de véritables bénéfices, en termes de profitabilité et de compétitivité. Et ce, quelle que soit l'industrie. En effet, la recette fonctionne pour tout secteur d'activité, de la high-tech aux industries les plus traditionnelles. Les secteurs des hautes technologies (38% d'entre elles), de la banque de détail (35%), du voyage, de l'assurance et des télécoms se démarquent cependant du lot. Suivis de ceux des produits de grande consommation, de l'énergie, du détail, de la fabrication, le secteur public et celui pharmaceutique. Dans le détail, le rapport a étudié les cas de plus de quatre cents entreprises, qui ont permis de faire émerger quatre catégories, dont le facteur commun est l'intégration de l'innovation. Dans un ordre décroissant, il y a les "Digirati", qui figurent comme les sociétés dont l'assimilation est la plus importante. Puis les "Fashionistas", les "Beginners" et enfin les "Conservatives", dont l'adoption est quasi nulle.

Plus profitables et compétitives

Les analystes ont constaté que globalement, les deux premières catégories font respectivement 9 et 6% de chiffre d'affaires de plus que les autres. En revanche, seule la première, les Digirati, est en moyenne 26 % plus profitable que ses pairs qui ne sont pas au même niveau, et engrange une valeur de marché environ 12% plus élevée. L'autre avantage est aussi la flexibilité et l'adaptabilité de l'entreprise. Selon le rapport, 62% des Digirati ont réussi à apporter des changements partiels à importants à leur business model, qui leur ont permis de transformer le fonctionnement de leur entreprise. Contre 30% des Fashionistas et, étonnamment, à peu près autant des Conservatives. Selon l'étude, c'est cette maturité qui paie, et non pas un talent de départ particulier ou une culture d'entreprise tournée depuis toujours vers l'innovation. Une maturité qui prend plusieurs années à acquérir. L'ingrédient crucial, alors ? Le management. Les responsables senior de ces entreprises ont en effet en général saisi les opportunités d'une telle transformation et s'en sont emparé.

Partager une vision

Cela, en faisant partager une vision avant une technologie. Puis en construisant une relation entre les départements technologiques et décisionnels, et en faisant des choix sur les secteurs à transformer, afin de concentrer les investissements. Et enfin en mettant en place les solutions adaptées. Selon l’étude, les Digirati ont su reconnaître les domaines dans lesquels l’introduction d’innovations était nécessaire, comme avec l’utilisation des réseaux sociaux, des terminaux mobiles mais aussi des processus de numérisation, ou encore des données de clients, que leur audience soit B-2-B, soit B-2-C. L’étude souligne également les investissements conséquents effectués en termes de digitalisation par les Fashionistas. Cependant, les analystes perçoivent une nette différence avec les entreprises pionnières. En effet, si les innovations sont nombreuses, elles ne servent pas nécessairement à créer de la valeur, mais permettent souvent de présenter un aspect attrayant et moderne de l'entreprise.

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