Comment les entreprises technologiques modulent-elles leurs offres en fonction des juniors ?

Par 21 avril 2006

Et si les juniors n'étaient plus seulement une classe d'âge pour les marketeurs ? Et s'ils devenaient un segment de la population qui conditionne les offres même lorsqu'elles ne leur sont pas...

Et si les juniors n'étaient plus seulement une classe d'âge pour les marketeurs ? Et s'ils devenaient un segment de la population qui conditionne les offres même lorsqu'elles ne leur sont pas destinées ?
 
A travers le déploiement de nouveaux modèles économiques, on peut répondre positivement à ces questions. Les juniors sont une préoccupation essentielle à l'élaboration de stratégie économique pour de nombreuses entreprises.
 
Achat en ligne : quels systèmes pour les jeunes ?
 
Le kiosque Internet Plus qui permet de se faire débiter les petits achats en ligne sur la facture de son FAI (Alice, Club Internet, Wanadoo, AOL, Cegetel, Neuf Télécom) est un exemple probant. Ainsi, en deux clics, l'internaute peut procéder à un achat sans avoir à entrer de donnée bancaire.
 
Bien qu'il ne soit pas réservé aux juniors, il est indéniable que cette frange de la population a été prise en considération lors de son élaboration. En effet, les achats effectués via ce service sont limités à un maximum de 15 euros par mois. Cette restriction, la facilité d'accès ainsi que le catalogue d'Internet Plus montrent que les juniors sont au cœur de la cible : titres musicaux, sonneries de mobiles, articles de journaux etc.
 
Ce modèle économique marche fort !  Internet Plus, lancé au troisième trimestre 2005 a dégagé 6,3 millions d'euros en six mois et rassemble 71 éditeurs de contenus numériques.
 
Téléphones mobiles : règne des forfaits bloqués
 
Les juniors sont aussi un segment omniprésent pour les opérateurs de téléphonie. Forfaits bloqués, SMS illimités, plan Famille... Tous les forfaits de téléphonie mobile pour particuliers prennent en compte le paramètre "juniors" même s'ils ne leurs sont pas spécifiquement destinés. L'adulte est appréhendé en tant que parent.
 
Prenons l'exemple de l'offre "Famille, Famille" proposée par Orange. En y souscrivant, les membres de la famille bénéficient entre autres d'appels limités entre eux sur les lignes mobiles et fixes. Aux Etats-Unis, les "family plans" proposent de souscrire d'un seul coup à des forfaits adultes et juniors (forfait bloqué, SMS illimités ou autre disposition limitative) pour une somme mensuelle globale fixe.
 
Côté offres spécifiquement ciblées juniors, on peut citer la campagne publicitaire qui accompagne le lancement du MVNO Virgin Mobile en France : à coups de forfait bloqué, forfait sans engagement, SMS illimités ou bien cartes prépayées... Des services connexes tentent de toucher l'adulte par son enfant comme par exemple le service Ootay propose de géolocaliser les enfants grâce à leur téléphone portable.
 
Filtres FAI : des niveaux d'efficacité variable, mais de plus en plus différenciateurs
 
Enfin, on peut penser que les FAI utiliseront le contrôle parental comme un facteur différenciant dans leurs offres. Alors que le gouvernement avait fait pression dans ce sens, les FAI français ont, pour la plupart, intégré des logiciels de contrôle parental à leurs kits de connexion. Libre ensuite à l'abonné de l'installer ou non.
 
Cependant, le gouvernement n'a pas imposé aux FAI le logiciel de contrôle parental. Chacun est donc libre de proposer le sien. Autant dire qu'ils ne sont pas tous aussi efficaces. Les tests qui seront irrémédiablement menés sur ces logiciels donneront lieu à un classement des FAI selon l'efficacité du logiciel de contrôle parental qu'ils proposent.
 
Etant donné que ce service est gratuit, il pourrait être mis en avant par le FAI comme une valeur ajoutée, un avantage comparatif par rapport à ses concurrents. Cette "sélection naturelle" pourrait permettre à un opérateur alternatif de moindre importance de gagner des parts de marché en tant que FAI de la famille. Le modèle économique du FAI serait alors orienté par cet angle.
 
Les exemples sont nombreux pour prouver que nombre d'entreprises technologiques accordent aux juniors une place centrale dans l'élaboration de leurs nouvelles offres, qu'elles leur soient ou non destinés. Le modèle économique des TIC grand public est façonné par cette préoccupation : comment plaire aux juniors ? comment les protéger ? comment les limiter ? Parce que les juniors sont les consommateurs de demain.
 
Ornella Nomber, pour l'Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas - 21/04/2006)

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