Environnements virtuels : jouer se fait en un clin d'oeil

Par 06 mai 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Avec le système imaginé par l'université De Montfort, il est possible de contrôler par le regard et en temps réel la souris sur l'écran. Intérêt : faciliter le déplacement sur les interfaces pour les personnes paralysées.

Contrôler les environnements virtuels par le regard. C'est ce que souhaite permettre une équipe de l'université De Montfort, à Leicester. Elle travaille sur une interface donnant la possibilité aux personnes à la mobilité réduite de se déplacer et d'interagir dans des jeux vidéo comme World of Warcraft par le simple mouvement de l'œil. Plusieurs solutions basées sur le principe existaient déjà, mais elles ne permettaient que des mouvements limités et une évolution lente au sein de l'écran. Rendant impossible les déplacements dans des jeux 3D en temps réel, où il est nécessaire d'être réactif. Le système développé par les chercheurs britanniques, installé sous le PC, utilise des caméras à infrarouge qui traquent les mouvements réalisés par les yeux du joueur en utilisant le principe du rebond de la lumière. Ce, afin de déterminer l'endroit exact où regarde la personne sur l'écran, avec un degré de précision estimé à 5 millimètres. Et de permettre une identification et une réactivité en temps réel.
Contrôler le jeu et l'ordinateur
Pour cliquer sur une personne ou une partie de l'image, l'interface utilise des solutions précédemment employées dans les dispositifs de contrôle d'écran par la vue. Une dernière fonction permet d'éteindre temporairement le système, afin de n'enclencher aucune manipulation par erreur. "Les yeux sont des organes qui perçoivent leur environnement, mais qui ne sont pas prévus à l'origine pour être acteurs et pour sélectionner", explique Stephen Vickers, responsable du projet. "Il n'est également pas possible de les mettre hors service, comme on le fait en retirant simplement sa main de la souris", ajoute-t-il. Pour le moment, le système ne concerne que le domaine du jeu. Mais il est tout à fait possible d'envisager son utilisation pour aider des personnes paralysées à se servir des outils informatiques, à usage personnel ou professionnel. Hors du champ du handicap, il permet d'envisager la généralisation d'interfaces visuelles contrôlées uniquement par le regard, pour simplifier la réalisation de plusieurs tâches simultanément, dans le monde de l'entreprise par exemple.
Les limites du regard
Mais cette dernière application reste sujette à précautions : le système demande en effet une attention soutenue pour fonctionner correctement. La possibilité de contrôler une interface par les yeux d'un côté tout en gérant d'autres supports avec les mains risque ainsi d'être difficile, en demandant à un individu de se concentrer sur deux tâches en même temps. A noter : l'interface est développée dans le cadre du projet européen Communication by Gaze Interaction (COGAIN), qui vise à développer des technologies d'eye-tracking permettant aux personnes en situation de handicap d'acquérir une plus grande autonomie. Gérer des environnements informatiques et virtuels devient de plus en plus accessible aux personnes à la mobilité réduite : l'université Keio présentait ainsi il y a quelques mois une interface neuronale directe permettant à des personnes paralysées de contrôler leur avatar par la pensée. Un moyen pour des individus qui ne peuvent plus parler de communiquer avec l'extérieur.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas