"En Estonie, créer son entreprise prend 15 minutes sur Internet"

Par 25 avril 2014 2 commentaires
e-Estonie

Bien plus tournée vers le numérique que la France, l’Estonie est un terreau fertile pour les startups. Une fois nées, ces dernières sont néanmoins contraintes à se tourner vers l’International.

Entretien dans le cadre de l’émission L’Atelier numérique sur BFM Business avec Nadim Taoubi, un français installé à Tallin en Estonie et fondateur d’Ooolala, un site de e-commerce.

L’Atelier: L’Estonie est un pays très avancé dans le domaine du numérique. A quel point ?

Nadim Taoubi: Il s’agit de l’un des plus petits pays de l’Union européenne avec 1,3 million d’habitants, soit l’équivalent de l’agglomération toulousaine. Mais ce pays de la taille d’une ville réunit un gouvernement, des ministères, une armée, des ambassades et supporte donc des coûts relativement importants. Pour réussir financièrement à supporter une telle charge financière, il faut une couche administrative relativement fine. Il a donc fallu adopter des solutions simples rapidement ! Les Estoniens décrivent d’ailleurs leur société comme étant une société digitalisée ou e-société. On parle même d’e-Estonie!

Cela se traduit de quelle manière?

Le numérique vise d'abord les services aux particuliers. En effet, le Parking mobile [payer son parking à distance avec son mobile] existe depuis 15 ans maintenant à Tallinn. Finis les horodateurs, on paie directement le parking avec son mobile. Il n'y a pas non plus de tickets de bus. On les achète via le téléphone et quand on est contrôlé, on présente une carte d’identité. Finies aussi les ordonnances, le médecin envoie une ordonnance électronique et à la pharmacie, on montre notre carte d’identité.

L’Estonie est-elle aussi avancée dans les domaines de l’innovation et des startups ? Existe-t-il une culture de l’entreprenariat ?

Complètement puisque l’Estonie est le pays qui a le plus de startups par habitant dans tout l’Europe. On trouve trois raisons principales à ce phénomène. La première, on vient de le dire, l’environnement est relativement favorable et simple. Créer une entreprise sur Internet prend 15 minutes en Estonie contre jours en France.

La deuxième raison c'est qu’il y a une culture de la réussite accessible. Rappelons que le pays a commencé sa nouvelle vie capitaliste il y a 20 ans seulement [le pays est indépendant depuis 1991, ndlr]. Tout a dû être construit. Les premiers entrepreneurs qui ont créé les banques privées avaient 26 ans. D’ailleurs, le Premier Ministre estonien actuel n’en a que 34. Les jeunes ont donc plusieurs modèles de réussite à leur portée.

Le troisième facteur est l’exemple de Skype, réelle "Success Story" locale. La société a beau avoir été créée par un Suédois, elle est née en Estonie et développée par des Estoniens. D’ailleurs, aujourd'hui encore le gros bureau de développement de Skype est basé à Tallinn. Cela a vraiment eu un impact très fort sur toute la société estonienne [Skype a été racheté par Microsoft en 2011 pour 6,6 milliards d’euros]. Preuve qu’un tout petit pays peut réussir à abriter une startup à renommée internationale.

L’Etat apporte-t-il des aides, des supports ou des structures pour stimuler davantage encore  cette création du style incubateur, accélérateur?

L’Estonie est un pays très libéral dans le sens français du terme ; donc relativement peu interventionniste. Tous ces incubateurs, accélérateurs etc. ne peuvent venir que d’initiatives privées. L’État dans ce cas a plus un rôle de facilitateur. Il crée des ponts entre les start-ups estoniennes et les fonds d’investissement de la Silicon Valley ou les Venture Capitalists de la Silicon Valley par exemple.

Le gouvernement a toutefois créé un fonds d’amorçage il y a cinq-six ans à destination des start-ups car il s’est  aperçu que les investisseurs étrangers avaient du mal à investir dans les très jeunes sociétés. Ce fonds d’amorçage investit dans des start-ups estoniennes entre 200 000 et un million d’euros.

Ces accélérateurs, sont-ils spécialisés dans un secteur en particulier ?

Ce qui est très fort en Estonie, c'est l’industrie. Il y a bien sûr tout ce qui est lié aux services Internet, et aux jeux vidéo. Donc il y a des accélérateurs sur les jeux vidéo et après beaucoup de B to B mais toujours avec une vision globale. Compte-tenue de la petite taille du pays, tout le monde sait bien que pour réussir, il faut se tourner vers l’International pour attirer des investisseurs étrangers. La particularité, c'est que l’État encourage les start-ups à partir !

 

 

 

 

 

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2 Commentaires

Ben, en France aussi, LOL....

Moi, ça m'a pris plus de temps, mais c'était il y a 4 ans et c'était pour une SAS. Il fallait des statuts en béton, c'est une vraie société que j'ai montée avec précision, me permettant de ne pas payer de charges. Mais si j'avais voulu m'inscrire dans un format de société individuelle, ça m'aurait pris quelques minutes.

Soumis par Thierry Curty (non vérifié) - le 01 mai 2014 à 19h46

je veux creer une societe qui vend des poulets

Soumis par MALICK (non vérifié) - le 09 mai 2014 à 21h44

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