États-Unis : l'adoption des services de e-santé moins rapide qu'espéré

Par 15 janvier 2013
health & technologies

Pour optimiser l'adoption de la santé digitale aux États-Unis, il est nécessaire d'uniformiser les interfaces et de les rendre plus faciles à utiliser aussi bien pour les médecins et les patients.

Aux États-Unis, bien que l'utilisation de technologies d'e-santé s'est considérablement accrue ces sept dernières années, elle est toutefois en deçà de ce que les experts du domaine avaient prédit. En effet, en 2005 des chercheurs de la RAND Corporation, association qui cherche à améliorer les outils de prise de décision, avaient estimé que l'adoption de tels outils approcherait les 90%. Or, d'après les chercheurs Arthur L. Kellermann et Spencer S. Jones, eux-mêmes membres du RAND, mais n'ayant pas participé à l'étude originale, le taux d'adoption n'atteindrait même pas actuellement celui de l'Europe de l'Ouest. Et pour cause, trois facteurs retardent cette croissance : la non-interopérabilité des services, le manque d'accessibilité des patients et la difficulté d'utilisation.

Des normes nécessaires concernant les interfaces

Concernant l'interopérabilité : les chercheurs du RAND rappellent que la plus grande difficulté provient de la personnalisation effectuée de manière locale des dossiers informatiques des patients et des interfaces. Ainsi, pour une meilleure adoption de ces outils, ceux-ci encouragent à la standardisation et une centralisation des données médicales. Ils félicitent, par ailleurs le gouvernement américain pour l'initiative The Direct Project, en place depuis 2010, qui poursuit cet objectif. Seconde raison de cette adoption moins rapide qu'espéré, seuls 42% des patients concernés par ce type de technologies se sont inscrits pour pouvoir accéder à leur dossier électronique personnel. Et parmi ceux-ci, moins de la moitié l'ont consulté plus d'une fois au cours des deux dernières années.

Se concentrer sur les patients et faciliter l'utilisation

Mais l'accessibilité des patients est également en marche par l'intermédiaire du projet fédéral Blue Button, qui autorise le téléchargement de ceux-ci. Enfin, les objectifs de l'étude préalable pourraient être atteints si un travail était fait sur la facilité d'utilisation des interfaces. Car en effet cette étude estimait qu'une économie de près de 81 milliards de dollars par an pourrait être faite à condition que ces technologies soient largement adoptées par les praticiens et les patients. Ce qui n'est pas négligeables pour le gouvernement américain en cette période crise. Or, pour l'instant une étude du National Center for Health Statistics affirme que seuls 40% des médecins américains attestent travailler sur des dossiers médicaux électroniques contre 27% dans les hôpitaux.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas