Etats-Unis : Google exploitera-t-il enfin les zones blanches ?

Par 10 novembre 2008

L'autorité américaine de régulation des télécoms vient d'autoriser le géant de l'Internet à utiliser l'espace du dividende numérique resté disponible. Elle ne lui signe pas un blanc-seing pour autant.

Le passage de la télévision analogique au numérique a permis de libérer beaucoup de spectre. Aux Etats-Unis, le dividende a été mis aux enchères. Ce sont notamment Verizon et AT&T qui ont remporté ces fréquences, des bandes 700 MHz. Comme l'indiquait récemment L'Atelier US, Google réclamait l'autorisation d'utiliser les "White space" de ces fréquences. L'autorité américaine de régulation des télécommunications vient d'accéder à cette demande. En principe, le géant de l'Internet pourra transmettre des données par l'intermédiaire de ces marges jusqu'à présent conservées pour que les réseaux hertziens ne soient pas saturés. Ces fréquences étant basses, elles permettent une vitesse de transmission bien supérieure aux réseaux bande large actuellement disponibles. Google pourra ainsi déployer des réseaux Internet sans fil dans un grand nombre de villes en utilisant cinq fois moins de bornes relais que dans le cas du Wi-Fi. 
Cinq fois moins de bornes relais que le Wi-Fi
Il s'agit d'un investissement intéressant pour la société californienne. Laquelle y voit un moyen de proposer des connexions sans fil peu onéreuses aux foyers américains ne disposant pas de connexion Web. Autres bénéficiaires d'une telle solution : les équipementiers à qui reviendrait la charge de fabriquer les périphériques fonctionnant sur ces nouveaux réseaux. Dell, Hewlett-Packard, Intel, Motorola etc. ont donc rejoint Google au sein de la White Space Coalition. Arguant notamment qu'une telle pratique risquait de créer des interférences, les opérateurs et la National Association of Broadcasters s'y sont pour leur part opposés. Bien qu'ils aient été désavoués par la FCC, celle-ci n'a pas pour autant signé un blanc-seing à Google à ses alliés. Elle-même a prudemment qualifié sa décision de "premier pas"en direction d'un usage des canaux TV vacants pour fournir un accès supplémentaire à Internet.
Des périphériques potentiellement onéreux
Après avoir procédé à des tests pour vérifier si l'utilisation de ces espaces libres risquait effectivement de provoquer des surcharges, la FCC a décidé d'imposer des restrictions très rigoureuses aux périphériques y fonctionnant. Ceux-ci devant déjà être dotés d'interfaces spécifiques capables de détecter automatiquement les fréquences inoccupées, leur coût de production pourrait se révéler très élevé. De ce fait, le potentiel commercial des zones blanches pourrait lui-même être moins intéressant que prévu. L'arbitrage de l'autorité de régulation des télécoms comporte enfin un certain nombre de zones floues. Aucun standard technologique n'a été défini. On ne connaît pas non plus les procédures prévues en cas de plainte d'interférences par les opérateurs. L'utilisation des zones blanches par Google ne se fera en tout cas pas du jour au lendemain. D'autant plus que le moteur de recherche hésite lui-même sur le business modèle à adopter.

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