Les Etats-Unis ont une longueur d’avance sur l’Europe.

Par 29 octobre 1998

La France a bien du mal à conserver son rang de quatrième puissance industrielle mondiale sur la planète du commerce électronique, comme se lamente un expert au ministère de l’industrie “nos patrons...

La France a bien du mal à conserver son rang de quatrième puissance
industrielle mondiale sur la planète du commerce électronique, comme se
lamente un expert au ministère de l’industrie “nos patrons raisonnent
encore francs-français”. Selon Andersen Consulting, il existe en France
environ 5 sites Web pour 1 000 habitants, contre 10 en Allemagne et 90 aux
Etats-Unis. Entre l’Hexagone et l’Amérique du Nord, le rapport de
l’équipement informatique des foyers serait de 1 à 3.
Associé d’Andersen Consulting, Jean-Claude Guez estime “en France, les
lourdeurs administratives ne facilitent ni la création de nouveaux
intermédiaires, ni la remise en cause des emplois dans la chaîne de
distribution classique” et d’ajouter “La France et l’Europe ont deux ou
trois ans pour se réveiller avant que les consommateurs jeunes et riches
ne remplissent leurs caddies virtuels de produits américains et
asiatiques”.
Sans que l’on y prenne garde, les premiers sites américains destinés au
grand public ont en effet depuis quelques mois exporté leur savoir-faire
en Europe en matière de commerce électronique et sont en passe de
structurer le marché à leur profit. Ainsi, la plus grande librairie
virtuelle du Net, Amazon.Com a fait récemment irruption en Angleterre en
rachetant le plus grand service en ligne britannique Bookpages et en
Allemagne en rachetant le n° 1 allemand Telebook.
D’ores et déjà, Amazon.Com se propose d’offrir des “prix compétitifs” en
Grande-Bretagne.
Son arrivée n’est cependant pas passée inaperçue. Début octobre,
Bertelsmann, déjà associé avec AOL sur l’Europe, a racheté 50 % de Barnes
& Nobles, le principal concurrent d’Amazon.Com.
Toutefois, peu d’entreprises européennes peuvent s’autoriser de tels
investissements dans un secteur où la rentabilité est aléatoire.
Mais comme le résume Agnès Touraine (Havas Interactive) “soit les groupes
français et européens s’entendent pour réagir, soit on va finir par se
retrouver dans une réserve d’Indiens”.

Question statistiques, on ne compte plus les prévisions en matière de
commerce électronique. Toutefois, un grand nombre ne distinguent pas le
commerce électronique intra-entreprise de celui beaucoup plus modeste à
destination des consommateurs.
Selon une étude publiée à Milan le mois dernier par la société d’études
KPMG Consulting, les entreprises européennes devraient réaliser un chiffre
d’affaires de 1 990 milliards de dollars en 2001 dans le domaine de la
vente électronique. Dans une autre étude de Forrester Research, la
publicité sur Internet devrait cette année représenter 300 millions de F
en Europe, soit trois fois plus qu’en 1997.
(Dossier de deux pages La Tribune 29/10/1998)

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