Ethiopie : les SMS s'invitent dans la campagne pour les élections législatives

Par 13 mai 2005
Mots-clés : Smart city, Afrique

C'est dimanche que doivent avoir lieu en Ethiopie les élections législatives, supervisées par des observateurs internationaux. Pour la troisième fois depuis 1991, les Ethiopiens se rendront aux...

C'est dimanche que doivent avoir lieu en Ethiopie les élections législatives, supervisées par des observateurs internationaux. Pour la troisième fois depuis 1991, les Ethiopiens se rendront aux urnes pour élire leurs députés. La campagne électorale, qui dure depuis plusieurs semaines, aura été marquée par de nombreux meetings organisés par le Front Démocratique Révolutionnaire (FDR), le parti au pouvoir, mais aussi par la Coalition pour l'Unité et la Démocratie (CUD), principale organisation politique d'opposition.
En Ethiopie, l'un des pays les plus pauvres au monde, les partis expérimentent une nouvelle forme de communication à l'intention des administrés. Le SMS. Les deux partis tablent sur la retransmission des messages par les électeurs à leurs parents et amis pour que leur discours et leur appel au vote soient entendus d'un maximum de citoyens.
Le CUD envoie le message suivant : "Ne pas voter pour la CUD est un droit, mais un droit qui prolongerait la misère", tandis que le FDR, plus ironique, joue sur les logos choisis par chacun des deux partis. Une abeille le représente, tandis que la CUD a choisi le V de la victoire, signé de deux doigts levés. Le FDR lance ainsi des textos affirmant : "Votez pour l'abeille et vous mangerez du miel, votez pour les deux doigts et vous perdrez les trois autres".
Si la téléphonie mobile est en plein essor en Ethiopie, et surtout dans la capitale, il reste que le nombre de téléphones en circulation est dérisoire sur une population qui compte 70 millions d'habitants. Selon les chiffres récemment publiés par The Economist, il y aurait ainsi 0,13 téléphone portable pour 100 habitants !
Sur son blog Mesquel Square (du nom d'une avenue d'Addis-Abeba), le journaliste Andrew Heavens, qui relate cet engouement des politiciens pour les textos explique qu'au mois de mars dernier, le gouvernement et le ministère des télécommunications ont ouvert 200 nouvelles lignes de téléphonie mobile aux usagers. De quoi créer une véritable cohue, et des files d'attente interminables, formées par de jeunes citoyens qui jusqu'à présent n'avaient pas pu obtenir de lignes.
Pour quelles raisons ? Andrew Heavens explique que jusqu'à présent il fallait s'inscrire sur une liste d'attente (deux ans en moyenne avant de se voir attribuer une ligne), ou bien choisir de louer un combiné à la semaine ou encore d' être pistonné par un ministre !!
 
Anaïs Grassat, pour l'Atelier BNP Paribas
(Atelier groupe BNP Paribas - 13/05/2005)

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