Quelle éthique dans l'usage des réseaux sociaux pour la recherche ?

Par 15 janvier 2013 Laisser un commentaire
research on social media

Il manquerait encore de réglementations en matière de recherches scientifiques utilisant les données présentes sur les réseaux sociaux. Une question qui se pose notamment concernant les jeunes utilisateurs.

L'utilisation des informations issues des réseaux sociaux à des fins de recherche est de plus en plus courante. Reste que, selon une étude réalisée par R. Benjamin Shapiro, chercheur à la Tufts University, il existerait un véritable manque dans la mise en place de normes déontologiques concernant la manière de se procurer et d'utiliser de telles informations. Ainsi, celui-ci explique : « les comités d'éthique institutionnels sont actuellement en retard concernant l'élaboration de directives ».Et le Pr. Shapiro se sent d'autant plus concerné que ses recherches consistent en l'élaboration d'environnements de travail collaboratifs sur les réseaux sociaux pour les adolescents.

Des directives concernant les adolescents

Et c'est bien cette catégorie de population qui interroge particulièrement le chercheur. En effet, la question qu'il se pose est : à partir de quel âge est-il éthique de demander l'utilisation des données personnelles pour la recherche sans le consentement écrit des parents ? Car, en effet, le professeur explique qu'actuellement il n'existe aucune régulation fédérale n'interdisant l'utilisation des données personnelles des adolescents, alors que des millions d'entre eux gravitent sur les réseaux sociaux et peuvent être sollicités. Sans ces régulations, certains comités d'éthique considèrent les adolescents au même titre que des enfants. Or, la loi concernant la protection de la vie privée des enfants sur internet autorise les adolescents à s'inscrire dès l'âge de 13 ans sur les réseaux sociaux au même titre que les adultes.

La vie privée des individus « annexes » aux études

Le Pr Shapiro espère ainsi à la fois prévenir les parents mais également les autorités compétentes pour essayer de combler ce vide juridique. Autre problème éthique pointé du doigt, toujours concernant l'étude des réseaux sociaux : la protection de la vie privée des membres du réseau « d'amis » de l'individu ayant autorisé l'usage de ses données à des fins scientifiques. Des questions, en effet, demeurent : est-il légal de prendre en compte des informations personnelles et privées d'individus n'ayant pas donné leur consentement du simple fait du consentement de leurs « amis » ? Jusqu'à quel degré cela peut-il être considéré comme éthique ?

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