Etre acteur du progrès c’est choisir un écosystème et prévoir son évolution

Par 11 décembre 2009

Un ami (j’en ai sur Facebook) m’a envoyé ce lien sur des projets d’ingénierie visant à maîtriser le climat : c’est la géo-ingénierie. Ces projets me paraissant un peu fous (lisez les c’est tragi-comique) j’ai commencé à réfléchir - c’est possible mon avatar a 50 de QI - sur le problème du réchauffement climatique en tentant de le poser sous le point de vue de l'ingénieur. Je ne m’appuie sur aucune donnée mais je tente une analyse systémique.

Je vous avoue qu’en publiant ceci j’ai peur de dire beaucoup de bêtises mais aussi beaucoup d'évidences, mais cette réflexion personnelle et sa formalisation écrite m’ont permis de prendre du recul sur le problème, d’un point de vue ingénieur toujours.

On est tous d’accord, nous nous développons à un rythme de fou par rapport au reste de la nature (les lapins n'ont pas de smartphone). Lorsque nous allons atteindre les limites de l’exploitation et de la gestion de ressources de la terre, de la mer, et du ciel, il va nous rester l'option de l'espace infini.
Je vois donc trois possibilités :

- On continue le progrès au risque de nous éteindre, pour arriver à faire venir de l'espace ce qu'il faut (des glaçons géants, des vaches martiennes pour nos steaks), mais notre dépendance vis-à-vis de l'espace nous conduira à partir de la Terre pour habiter d'autres régions.

- On arrête le progrès et on se contente de manger et dormir, on arrête de vouloir maîtriser la nature de l'exploiter à tout prix, et on vit en harmonie avec elle : les lois de la nature sauront réguler les choses comme il faut.

- On arrive à réguler le réchauffement climatique, ce qui implique donc de fixer des paramètres nécessaires à cet équilibre : fixer les limites d'un rythme de vie humain, fixer le cadre de notre environnement ; donc choisir avec qui on veut cohabiter, ce qu'on peut transformer et utiliser. Cela équivaut à choisir se dont on veut dépendre et dans quelle mesure (quantité, durée). Et enfin fixer la croissance démographique des Hommes.

Personnellement, la troisième proposition m'attire plus que les autres. Mais alors quelle place pour le dynamisme humain si on fixe tout ? Eh bien, les paramètres locaux de notre écosystème peuvent varier tout en laissant les paramètres globaux de son écosystème stables.

Un écosystème stable est la nature par exemple. Elle se nourrit de ce qu'elle est et même de ce qu'elle n'est plus, et produit des parties de ce qu'elle est ou devient. Bonne nouvelle : on fait partie de la nature et donc de l’écosystème stable le plus vaste il me semble !
Lorsque je dis stable je veux dire stable à échelle d’une vie humaine. Car sinon il n'y aurait plus d’évolution pour la nature. La nature est en évolution mais nous devons nous même évoluer à son rythme.

Le progrès ne doit donc pas être tourné vers l'Homme (sinon on suppose que l’Humanité à elle seule est un écosystème, l’Homme deviendrait donc cannibale) mais vers le développement d'un écosystème auquel il appartient. Le progrès doit être du donnant - donnant pour toutes ses parties prenantes.

Mais lorsque qu’il crée des disparités au sein de notre écosystème, le progrès nous met face à des difficultés d'ordre technique et morale.

Il nous faut d’une part choisir de sacrifier ou non des entités de la nature pour éventuellement en faire bénéficier d’autres, et d’autre part anticiper la transformation que ce "progrès" implique sur l’écosystème. Le nouvel écosystème est-il stable pour l’Homme ? Qui sont ses habitants ? Comment vont-ils y vivre en son sein ? Ces questions ont des réponses à trouver grâce à l'ingénierie et une valeur morale à juger par une éthique de vie.

Pour se dire acteur du progrès il faut donc expliciter de quel écosystème on parle et de celui qu’il induit pour la génération à venir.

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