Pour être efficace, la collaboration doit s'émanciper du groupe

Par 30 mars 2010

Les techniques de brainstorming étouffent plus qu'elles n'encouragent la créativité, si l'on en croit l'université du Texas. Une critique qui touche moins les solutions 2.0, basées sur la diffusion dans toute l'entreprise.

Quand il s'agit de faire émerger de nouvelles idées, une des méthodes les plus en vogue dans les entreprises consiste à rassembler les participants en groupe et à les inciter à s'exprimer. Cette technique de "remue-méninges" collectif semble pourtant avoir l'effet inverse de celui souhaité, affirment des chercheurs de l'université du Texas A&M. Les expériences qu'ils ont menées montrent que les groupes tendent à rester figés sur une seule idée, rejetant les nouvelles propositions qui pourraient émerger. "La fixation sur les idées des autres participants peut se produire inconsciemment", explique l'un des chercheurs. En conséquence, la créativité du groupe s'en trouve négativement affectée. Un biais qui ne semble pas concerner les solutions collaboratives.
Diffuser les idées au sein de l'entreprise le plus largement possible
"Dans le 2.0, on essaye de faire émerger les connaissances non pas en isolant les gens en groupes mais en s'efforçant au contraire de diffuser le plus largement possible les idées au sein de l'entreprise", explique à L'Atelier Miguel Membrado, directeur général de Kimind. D'après lui, cela permet de faire jouer le principe de "sérendipité", c'est-à-dire de faire émerger de nouveaux concepts par association d'idées, au hasard des rencontres. "En décloisonnant la circulation de l'information, on fait participer des gens auxquels on ne penserait pas forcément", poursuit-il. Une ouverture au sein de l'entreprise et en dehors de ses frontières qu'il faut cependant savoir piloter.
Des outils pour filtrer le flot d'informations
"Il faut créer des communautés et intégrer ses partenaires le plus en amont possible", détaille le directeur général. Le défi de cette démarche, par rapport aux solutions de brainstorming classiques, concerne la gestion du flux continu d'informations et d'idées qui en résulte. "Des outils existent pour filtrer les contenus par rapport aux sujets qui nous intéressent", explique Miguel Membrado. "L'important, c'est de rester indépendant des gens", insiste-t-il. Pour mener leur étude, les chercheurs texans ont utilisé une messagerie instantanée où dialoguaient deux à quatre personnes.

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