L’Europe et le Japon en course pour la 5G

Par 24 novembre 2014
UE et Japon pour la 5G

Selon l’Idate, la multiplication des données mobiles échangées d’ici 10 ans conduit à s’interroger sur la refonte du réseau télécom pour l’adapter aux usages. Bruxelles et Tokyo sont en concurrence.

Le trafic de données liées aux vidéos explose et la tendance est loin de disparaître dans les années à venir selon les derniers chiffres de l’IDATE dévoilés lors du Digiworld Summit de Montpellier. D’ici 2020, 55 % du trafic seront consacrés aux vidéos contre 45 % aujourd’hui. Face à ce besoin croissant d’un réseau mobile performant, la 4G ne sera peut-être bientôt plus assez efficace. Voilà pourquoi les réflexions sur la 5G animent désormais les débats des acteurs du mobile.

Danc ce domaine, l’Union européenne (UE) et le Japon sont en piste afin de trouver un protocole pour le réseau de demain. Tokyo espère ainsi parvenir à développer la 5G d’ici les JO de 2020 et la Commission européenne débloque des fonds pour l’innovation des télécoms s’associant même à la Corée du Sud pour améliorer ses recherches. De plus, Japon et UE créent des partenariats avec des entreprises de télécommunication pour accélérer le processus. Wassim Chourbaji de Qualcomm insiste sur cette idée “Il y a une très forte volonté de collaboration entre les opérateurs et les États”. L’UE avait par ailleurs proposé de nouvelles lois pour faciliter la recherche dans ce domaine alors que beaucoup parlent de changer le modèle économique des télécoms.

Ce n’est pas juste une autre étape après la 4G mais un changement dans la conception même du réseau” selon Dany Nassif de l’entreprise de télécom NEC. Car, la nature même du réseau doit en fait être repensée selon la plupart des intervenants de la table ronde sur le sujet lors du sommet organisé par l’IDATE. Michel Combes, PDG d’Alcatel-Lucent, insiste ainsi : “network is back”. Après des innovations axées sur les appareils, les applications et les clouds, le réseau doit lui aussi être repensé. Un réseau qui puisse “s’adapter et changer selon les besoins des utilisateurs” selon Terje Tjelta de la 5G Infrastructure association. L’idée d’un réseau mobile adaptable et malléable fait donc son chemin, au-delà de l’idée de rapidité. La 5G devra ainsi prendre au compte l’IoT (Internet of things) selon la Commission européenne.

L’objectif serait ainsi d’ajouter de nouveaux services avec la 5G : les intervenants du Digiworld Summit évoquent ainsi les transports, les soins médicaux et les situations d’urgence comme autant de domaines qui pourraient bénéficier des services de la 5G. Cela dit, tous restent assez évasifs sur les apports concrets de ce nouveau réseau. Car il n’y a pas encore de protocole international même si la plupart des acteurs s’entendent sur les objectifs d’économie d’énergie, de rapidité et d’adaptabilité. À suivre donc.

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