L’Europe et surtout la France, prêtes à se saisir du potentiel de l’internet des objets ?

Par 27 novembre 2013
internet des objets Europe

Si l’Europe a perdu la bataille des terminaux mobiles, l’internet des objets constituerait une nouvelle ère dans laquelle le vieux continent garde toutes ses chances, et plus particulièrement la France.

Les projections quant au nombre des objets connectés varient entre 50 et 80 milliards à l’horizon 2020. C’est en effet ce qu’il a été annoncé lors de la 17ème rencontre annuelle de L’Institut G9+ intitulée les nouveaux eldorados de l’économie connectée. “Cette nouvelle ère débutera réellement quand il y aura plus d’objets connectés que d’hommes” a déclaré lors de la conférence Pascal Cagni, ancien DG d’Apple Europe, Moyen-orient, Inde et Afrique et éminent Business Angel. Et cela ne saurait tarder. En effet, la technologie Bluetooth low energy, la nanoïsation des composants, leur coût désormais moindre pour une puissance accrue ainsi que le protocole IPV6 qui permettra de disposer de 9 connexions par individu font changer l’aptitude à utiliser des objets. Tout est donc réuni pour l’émergence d’une nouvelle économie estimée à 1,9 trillion de dollars dès 2020. Une opportunité pour l’Europe toute entière, mais surtout pour la France qui semble prête à la saisir.

De la place pour tout le monde

Ainsi, si les Google Glass, Google Car ou Galaxy Gear ont ouvert la voie au grand public, cela ne constituerait que la face visible de l’iceberg. En effet, lors de la conférence il a été révélé que la majeure partie du potentiel de marché n’a pas encore émergée. Les GAFA ne seront donc pas les seuls à pouvoir profiter de l’internet des objets. La France posséderait ainsi de réels atouts pour fabriquer des champions mondiaux. En effet, les écoles d’ingénieurs et son école de mathématiques constituent un  véritable terreau propice à l’éclosion de projets relatifs aux objets connectés. Les 60 000 “Frenchies” expatriés dans la Silicon Valley pourront également servir de relais aux entrepreneurs français. La France et à fortiori l’Europe possèdent d’ailleurs déjà des leaders qui verront leur potentiel décupler à la manière de ST Microelectronics, ARM ou CSR. Par ailleurs, ce sont de financements qu’auront besoin les entrepreneurs et notamment des Business Angels. Si l’écosystème des fonds d’amorçage est encore quelque peu fragile en France, la BPI a actionné certains leviers et les investissements commenceraient à décoller. Enfin la coopération européenne est nécessaire pour profiter au maximum de cette nouvelle opportunité. Si Londres et Paris sont les deux places perçues comme les plus dynamiques, Berlin avec Soundcloud en fer de lance constitue également un acteur avec qui il faut apprendre à travailler

4 segments porteurs

Autre rappel de l’événement : le marché s’appréhende actuellement par quatre faces. La première est composée des wearable devices. En effet, les possesseurs de smartphones consulteraient plus de 150 fois leur smartphone par jour et 72% de ces “checks” pourraient être remplacés par les wearable devices. Montres et lunettes connectées mais également balance et t-shirts connectés comme OMsignal participeront à ce qu’il y ait “plus d’ordinateurs dans nos machines à laver” que l’on en possédait jusque-là. Les transports profiteront à plein de l’internet des objets. Le secteur de l’assurance pourrait par exemple changer ses pratiques de bonus/malus par rapport aux comportements de conduites observables. La billetique ou l’information multimodale seront également bouleversées. La maison connectée sera le grand élément par sa taille de marché de l’internet des objets. Avec une estimation à plus de 72 milliards d’ici 2017, il faudra profiter des nouvelles perspectives de vidéosurveillance, de personnalisation de l’ambiance des pièces ou encore des mesures de qualité de l’air intérieur. Enfin, la m-santé est sans doute déjà la partie la plus développée. Gérer la médication de ses ainés, les risques de diabète ou de contagion seront parmi les fonctions des quelques 170 millions d’objets vendues à cet effet d’ici 4 ans.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas