Face au risque lié au passage à l'an 2000, les assureurs sont soucieux.

Par 19 janvier 1999
Mots-clés : Digital Working

Considérant tous que le changement de millénaire n'est pas un aléa, les assureurs estiment que ce risque n'est pas assurable. Alors que les Britanniques ont exclu ce risque de presque tous leurs con...

Considérant tous que le changement de millénaire n'est pas un aléa, les
assureurs estiment que ce risque n'est pas assurable. Alors que les
Britanniques ont exclu ce risque de presque tous leurs contrats
d'assurance, les Français, comme la plupart des autres acteurs
continentaux, sont plus ouverts. Au départ très fermes, les Américains ont
ensuite assoupli leur position.
Dans l'histoire de l'assurance, il s'agit d'un cas unique : pour la
première fois, il existe un risque potentiel daté.
La position des assureurs critiquée par les industriels a cependant évolué
au cours des mois. Alors qu'en 1995, lors de réunion à la FFSA, bon nombre
d'entre eux estimaient qu'il ne se passerait rien, l'approche était
inverse en 1998 "certains assureurs ont paniqué au cours des derniers mois
de 1998".
En principe, les assureurs couvriront les dommages matériels (incendie
...). Pour la responsabilité civique, particulièrement pour les
entreprises liées de près ou de loin à l'informatique, le problème est
plus complexe. Directeur de la gestion des risques de Synthélabo, Michel
Mund confie "le côté intransigeant de certaines compagnies d'assurances
qui refusaient de couvrir le risque, parce que ce n'était pas un aléa, a
parfois été mal ressenti : il s'oppose à l'une des missions de l'assureur
qui est la prévention".
Aujourd'hui, tout en s'attendant à devoir gérer un afflux massif de
réclamations le jour J et dans les mois qui suivront, la profession se
refuse à toute prévision. Opérationnelle depuis le 1er janvier 1999, une
plate-forme baptisée "coordination 2000" a été mise en place par la
profession et regroupera, d'ici à mi-1999, un "réservoir" de près de 80
experts. La principale fonction de cette "assistance technique et
juridique" sera de déterminer la cause technique du sinistre.
Selon les estimations, les entreprises du monde entier auront dépensé en
quatre ans pour adapter leurs ordinateurs à l'an 2000 entre 300 et 600
milliards de dollars (258 et 516 milliards d'euros). Cela explique
pourquoi industriels et assureurs se renvoient la balle. Il est à prévoir
que de nombreux litiges se régleront devant les tribunaux ....
(Le Monde - 19/01/1999)

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