Facebook aurait-il une influence sur notre matière grise ?

Par 31 octobre 2011
Mots-clés : Smart city, Europe
Notre matière grise pourrait influer sur le nombre d'amis sur Facebook

Des scientifiques britanniques ont établi un lien direct entre le nombre d'amis Facebook d'une personne et la taille de certaines parties de son cerveau. Mais rien ne dit encore qu'une utilisation intensive des réseaux sociaux puisse rendre plus intelligent.

Cela ressemblerait presque à un hoax, et pourtant, l’étude est plus que sérieuse. Des chercheurs en neurosciences de l’Université de Londres (UCL) viennent de publier un article dans les «Proceedings of the Royal Society B» qui tend à prouver qu’il existe un lien direct entre le nombre d’amis qu’une personne peut avoir sur Facebook et la taille de certaines zones de son cerveau. «Le degré de participation aux réseaux sociaux varie fortement d’une personne à l’autre et pour des raisons encore inexpliquées. Nous voulions démontrer qu’il pouvait y avoir une raison biologique. Nous avons émis l’hypothèse que le degré de participation d’un individu à un réseau social pouvait se refléter dans les zones cognitives sociales du cerveau » explique l’article des scientifiques. 

Plus de matière grise dans la partie droite du cerveau

Le but principal de l’étude était donc d’identifier les zones du cerveau impliquées dans cette cognition sociale «virtuelle». « Il est souvent dit que les amis acquis en ligne sont de nature différentes que ceux acquis dans la vraie vie. Les fonctions cognitives capable de supporter un large réseau social comme Facebook peuvent ne pas être les mêmes» explique l’article. Les chercheurs de l’UCL ont ainsi travaillé sur les quatre zones de notre cerveau connues pour jouer un rôle dans la mémoire, les émotions et les interactions sociales. Durant leurs recherches, ils ont utilisé des scanners à résonance magnétique (IRM) pour étudier le cerveau de 165 personnes, majoritairement étudiants universitaires, tous bien évidemment très actifs et utilisateurs de Facebook. Les sondés avaient en moyenne 300 amis sur Facebook, et le plus connecté d’entre eux en avait près de 1000. Résultat : les chercheurs assurent avoir déniché une connexion forte entre le nombre d’amis Facebook et le volume de matière grise dans la partie supérieure droite du cerveau, et plus précisément dans l'amygdale, le sillon temporal supérieur droit, le gyrus temporal moyen gauche et le cortex entorhinal droit. En résumé, ces parties du cerveau étaient plus épaisses lorsque la personne avait beaucoup d'amis. De plus, la capacité de la mémoire semble être plus utile dans la connexion sociale en ligne que réelle. Cela peut s'expliquer par le fait que le nombre d’amis en ligne puisse être potentiellement plus grand. 

Et si certains étaient plus socialement prédisposés ?

Mais s’ils ont trouvé une corrélation entre quantité de matière grise et nombre d’amis, ils restent cependant très prudents : rien ne prouve encore qu’une utilisation intensive d’un réseau social puisse augmenter la quantité de matière grise, ou nous donner meilleure mémoire. Les personnes plus fournies en matière grise ne pourraient qu’être simplement plus prédisposées au liens sociaux. Car l’étude a également montré un lien étroit entre l’épaisseur de matière grise et le nombre d’amis dans la «vraie vie», même si la taille des trois autres régions semblaient être corrélées seulement aux connexions en ligne. De là à dire que certaines personnes auraient un don inné pour les réseaux sociaux, il n’y a qu’un pas...La suite des recherches permettra peut-être d'y répondre. 

 

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