Pour faciliter la donation, GiveWork mise sur le crowdsourcing

Par 10 février 2010
Mots-clés : Afrique, Asie du Sud, Europe

L'application iPhone de SamaSource propose aux utilisateurs de résoudre bénévolement une micro tâche. Celle-ci est accomplie en parallèle par une personne défavorisée, qui sera payée si les deux réponses concordent.

Pour encourager l'aide aux populations, SamaSource propose de passer non pas par un système de donations, mais par le crowdsourcing. Elle lance GiveWork, une application iPhone qui propose aux utilisateurs qui l'ont téléchargée de réaliser bénévolement des micro tâches informatiques. "Il peut s'agir d'attribuer des qualificatifs à un produit vendu en ligne, préciser si une image envoyée contient ou non une personne, ou encore détailler une carte", précise à L'Atelier Lukas Biewald, de CrowdFlower, partenaire du projet. A chaque fois que la personne en accomplit une, la même est demandée à une personne défavorisée résidant en Afrique sub-saharienne, en Asie du sud ou à Haïti. Les deux réponses sont ensuite comparées. Si elles sont identiques, leur résultat est envoyé au client ayant émis la demande de réalisation de tâche décentralisée : commerçants en ligne, entreprise de cartographie... La personne qui habite dans un des pays en développement suivie par SamaSource reçoit une somme d'argent en conséquence.
Des jeux équivalents à du bénévolat ?
Si les réponses sont différentes, la tâche à accomplir est reproposée aux participants", explique à L'Atelier Leila Chirayath, l'une des responsables du projet. "Si les gens passaient ne serait-ce qu'1 % du temps qu'ils occupent à jouer sur leur iPhone pour GiveWork, cela permettrait de donner du travail à un nombre important de personnes défavorisées", ajoute-t-elle avec emphase. Demander aux deux parties n'est pas anodin : connaître le taux de succès dans la réalisation de ces micro tâches de la part des personnes ayant téléchargé l'application - et qui sont généralement rodées aux nouvelles technologies - permet de savoir en parallèle quel est le niveau de celles dans les pays en voie de développement. Et donc de savoir à quel moment elles sont suffisamment formées pour devenir des micro travailleurs qui seront directement payés pour leurs tâches et non plus des individus en formation.
Une intégration en entreprise
Dès qu'une personne atteint les 75 % de résultats positifs, elle est considérée comme capable de travailler pour le système et être payée en retour. "Une telle initiative injecte de l'argent à l'économie locale, et a un impact positif sur les communautés", note Lukas Biewald. Pour le moment, les fondateurs du projet ne proposent pas encore aux entreprises de l'intégrer à leurs process et d'encourager leurs salariés de réaliser des tâches utiles à la fois à leur compagnie et aux personnes défavorisées. "Mais nous sommes en train de réfléchir à une telle intégration", précise Leila Chirayath. Le principe du crowdsourcing mobile n'est pas nouveau. Au Kenya, TxtEagle propose un service approchant. Mais ici, GiveWork, lancé par une organisation à but non lucratif, repose également sur le principe du caritatif. L'application avait été sélectionnée par Netxplorateur dans le cadre de son forum annuel, qui s'est tenu cette semaine à Paris.

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