Faire du smartphone un kit d’aide médicale

Par 15 juillet 2014 1 commentaire
The CellScope demo

CellScope a créé un capteur optique pour détecter les otites à distance par les malades eux-mêmes. C'est aussi un moyen pour les médecins de mieux se faire comprendre par leurs patients. Et récupérer des données.

En 2009, la présentation d’un capteur de tension artérielle relié à l’iPhone 3G avait fait sensation. Depuis, la santé mobile n’a cessé de progresser et une étude de l'institut Brookings estime à 23 milliards de dollars le marché mondial d’ici 2017. Le lancement à l’automne de l’iOS 8, le système d’exploitation d’Apple et son application intégrée "health" devrait participer à cette croissance. Les capacités hardware des smartphones sont également prisées pour améliorer le suivi médical. C’est du moins ce qui a attiré la startup CellScope plutôt que la collecte de données stricto sensu. Issue de l’incubateur  Rocket Health, l’une des structures pionnières du "m-health", la startup est née en 2011 grâce à deux scientifiques. Cellscope a décidé de transformer le smartphone en outil médical. Plus exactement en otoscope grâce à un capteur positionné au niveau de la caméra de l'iPhone. Les images de l’intérieur de l’oreille suffisent à détecter les anomalies. Les patients peuvent ainsi s'examiner seul et avertissent leur médecin qui peut, à distance, faire un diagnostic davantage compris par le patient.

L’impact sur tous les acteurs du monde médical

Le rapport des "patients" au soin devient plus actif avec de telles technologies puisqu’ils se font les collecteurs de données avant d’en référer aux médecins. Bon marché, le plugin optique attaché au smartphone améliore autant les diagnostics que la qualité des relations patient-médecin. En commercialisant cet otoscope, CellScope s’installe sur un marché de 30 millions de visites médicales annuelles pour des cas d’otites aux Etats-Unis. Le prochain produit développé, toujours dans l’idée d’un capteur optique ajouté à la caméra du iPhone et soutenu par une application indépendante, est un dermascope qu’utiliseraient les dermatologues et leurs patients. Le souhait d’accélérer la croissance de CellScope jusqu’à toucher les économies émergentes était déjà présent au sein du laboratoire de Berkeley où les fondateurs se rencontrèrent. D’abord restreint à l’iPhone pour optimiser leur produit et démontrer leur savoir faire, CellScope sait déjà qu’il faudra se diversifier pour toucher d’autres marchés.

Le succès du hardware dans l’industrie de la santé

L’impératif du low-cost et de la minimisation du prix de vente est une constante qui rapproche plusieurs projets de "m-health". Cette stratégie s’inscrit dans une tendance plus générale de l’ensemble des projets hardware. Avec le temps, ces derniers rejoignent la structure de coût des software : baisse des frais de démarrage, prototypage rapide et un écosystème dynamique. Le smartphone et la qualité des images de sa caméra intégrée, comme outil médical se généralise. Deux jeunes chercheurs du MIT ont ainsi développé un capteur similaire à CellScope pour traiter des questions ophtalmologiques. Le désengorgement des services d’urgence et les pays émergents qui manquent de médecins spécialistes sont les deux principaux axes de promotion de tels outils. Pèse néanmoins la menace d’une accumulation trop importante de données qui, si elle profite aux patients eux-mêmes, pose la question de leur utilisation à des fins non médicales.

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1 Commentaire

Peut etre aussi que les futurs patients ne vont pas avoir envie de s'équiper de x capteurs qui semblent mono usage et dont on n'a pas un besoin récurrent (mais il y a peut etre des patients atteints d'otites régulières, et qui doivent quand même les diagnostiquer à chaque fois ...).
J'imagine plus avoir ce type de matéril dans un dispensaire, avec les problèmes de nettoyage / stérilisation (mais moins de problème de sécurité des données, car il pourrait y avoir un usage anonyme)

Soumis par Elisabeth 92 (non vérifié) - le 16 juillet 2014 à 16h50

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