"Il faut penser l'innovation comme un service, et à l'international"

Par 24 mai 2011
Guibert Englebienne

Pour s'étendre, l'argentin Globant s'est dès sa naissance positionné comme un acteur international de l'innovation. C'est seulement maintenant qu'elle lorgne vers le marché local.

Entretien  avec Guibert Englebienne, l'un des quatre cofondateurs et CTO de Globant, spécialisée dans le développement de software et webservices.

L'Atelier : Votre société connaît l'une des plus fortes croissances en Amérique du Sud, mais pourquoi une majorité de votre clientèle est-elle hors du continent ?

Guibert Englebienne : Nous travaillons dans un marché dynamique à l'international, et uniquement à l'international. 99 % des revenus de Globant proviennent des Etats-Unis ou de l'Europe, et 80 % de nos salariés sont en Argentine et en Colombie. L'idée était dès le départ de penser "international" tout en profitant du potentiel national, et cela également dans un but de création de valeur. Maintenant que la société, née en 2003, a connu une croissance spectaculaire (nous sommes plus de 2000) il sera possible de penser local, mais ici les barrières du business sont difficiles à franchir. Je parle des problèmes de manque de transparence, de corruption etc.

Vous dites que vous vendez de l'innovation comme un service, en quoi cela consiste-t-il ?

Nous pensons que l'innovation vient des esprits les plus créatifs, nous proposons pour cela de mettre à disposition de nos clients des équipes pointues dans les technologies artistiques, les "blending innovations". L'innovation est donc un service et nous opérons des projets de recherche et développement pour le compte des clients afin de leur permettre de bénéficier des meilleures technologies. Nous avons par exemple créé un réseau social pour Nike, ou encore accompagné Google dans son "open social initiative", qui consistait à réfléchir à l'instauration de standards pour les applications, afin qu'elles puissent être performantes sur différents types de réseaux. Ce n'est pas de l'exécution pure, les clients viennent nous voir, et nous leur proposons les technologies et les projets qui pourraient leur convenir au mieux.

Vous êtes attaché à votre présence en Argentine alors que votre clientèle s'internationalise, à quelle stratégie cela répond-il ?

Nous restons en Argentine car cela répond à une stratégie sociale, que nous partageons avec le réseau d'Endeavor. Il s'agit en effet de promouvoir les entrepreneurs locaux et les hauts diplômés du monde entier en les faisant venir ici afin de prouver que des pays comme les nôtres ont de forts potentiels de croissance, sans nous empêcher de nous développer à l'international. L'idée, c'est de prouver qu'il est possible de créer de la valeur au niveau local, en ayant un impact global. Comme Endeavor, nous pensons que dans les dix prochaines années, le dynamisme de l'Amérique du sud viendra principalement des entrepreneurs, ce n'est donc pas si stratégique de s'implanter ailleurs.

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