« Il faut permettre aux enfants de faire des achats de ligne de façon sécurisée »

Par 12 juin 2012
Mots-clés : Smart city, Amériques
Kid with mother shopping online

Les enfants ont envie de faire des achats en ligne. Au lieu de les en priver, une autre solution consiste à leur permettre d'acheter en ligne de façon sécurisée, qui permette à la fois aux cybermarchands de respecter le Children's Online Privacy Protection Act.

Entretien avec le Dr. Jo Webber, co-fondatrice et CEO de Virtual Piggy

Comment est venue l'idée de Virtual Piggy ?

J'ai des enfants et j'étais préoccupé à l'idée qu'ils puissent très facilement dépenser de l'argent en ligne. Les comportements ont beaucoup changé depuis que nous avons tous accès à l'Internet mais rien n'a changé dans la façon dont nous aidons les enfants à gérer leur argent. Il y a quelques années, les enfants recevaient chaque mois de leurs parents de l'argent de poche qu'ils dépensaient au magasin du coin pour acheter des babioles. Aujourd'hui, ils veulent également dépenser leur argent sur Internet et rien ne peut les en empêcher : si leurs parents ne les autorisent pas à faire des achats sur l'ordinateur de la maison, les enfants peuvent le faire ailleurs, par exemple chez un ami ou à la bibliothèque. Nous voulions aider les parents à garder le contrôle et apprendre aux enfants comment mieux gérer leur argent. Et, avec l'explosion de l'e-commerce, les opportunités sont énormes.

Comment définiriez-vous la façon dont les enfants font leurs achats en ligne ?

Le processus d'achat en ligne pour les enfants n'est pas optimal puisqu'il n'y a aucun mécanisme qui leur permette de payer leurs achats en ligne ; ils doivent essayer d'obtenir la carte de crédit d'un de leurs parents. Les vendeurs en ligne nous disent fréquemment que les enfants remplissent leur panier mais qu'ils sont incapables de finaliser la transaction. Les enfants en dessous de 18 ans abandonnent plus de paniers d'achat que n'importe quel autre groupe d'âge. Même sur les sites dont les produits sont particulièrement axés sur les enfants, avec la même présentation qu'en magasin (par exemple sanrio.com), les enfants ne peuvent pas aboutir à cause des exigences en matière d'âge. Cette nouvelle génération est très calée en informatique. Ils l'utilisent pour socialiser, étudier, rechercher, jouer... et espèrent donc pouvoir dépenser en ligne. Et c'est là le problème. Nous devons sécuriser la gestion du budget des enfants et leur permettre d'acheter en ligne sous le contrôle des parents.

Et Virtual Piggy a donc développé une solution pour permettre aux enfants de faire des achats en ligne ?

Aux États-Unis, la loi et très stricte : il est interdit de demander une adresse mail ou une adresse postale à un enfant de moins de 13 ans. Les entreprises doivent être très prudentes, et même les plus grandes, comme Disney, ont été condamnées à des millions de dollars d'amendes pour n'avoir pas respecté cette loi. De notre côté, chez Virtual Piggy, nous proposons la seule solution légale à ma connaissance parce que, dans le processus de check out de Virtual Piggy, le vendeur ne demande jamais d'information personnelle à l'enfant. L'adresse de livraison, les données des cartes de crédit et même le nom de famille sont donnés par les parents lors de la création du compte de l'enfant et ne sont plus demandés par la suite. Les enfants détenteurs d'un compte Virtual Piggy disposent d'un tableau personnalisé qui leur montre le montant mensuel de dépenses autorisées, les dépenses déjà effectuées et combien ils devraient épargner pour acheter un produit particulier. Nous pensons qu'il est important de les sensibiliser très tôt à ce sujet.

Quelle est la place des banques dans ce paysage ?

Nous avons approché les banques en pensant que ça les intéresserait et nous avons été étonnés de voir que ce n'était pas le cas. En fait, les banques perdent beaucoup d'argent avec les comptes des jeunes et ne souhaitaient pas encore y ajouter. Elles pouvaient voir ces comptes pour enfants comme une manière de gagner de très jeunes clients, mais elles n'ont pas souhaité prendre ce risque. Ce qui fait que l'écosystème qui entoure notre solution est assez réduit, il n'y a pas beaucoup d'acteurs pour le moment mais, comme je l'ai dit, nous assistons à l'éclosion d'une nouvelle génération, connectée, et les choses vont changer.

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