Faut-il récompenser les universitaires qui rapportent ?

Par 27 février 2012 Laisser un commentaire
chercheur devant tableau noir

En 2009, près de 1,8 million de dollars ont été générés par la commercialisation des inventions d'universitaires américains. Étonnant : ce bilan comptable n'est pas pris en compte dans la promotion des enseignants.

C'est une réalté peut-être brutale, mais 75% des universités américaines ne tiennent pas compte de ce que leur rapportent les inventions et les brevets de leurs chercheurs lorsqu'il s'agit de les titulariser ou de leur faire gravir les échelons. C'est ce qu'affirment des chercheurs de l'Académie nationale des inventeurs de Floride. Selon Paul Sanberg, vice-président de la recherche et de l'innovation à l'université de Floride du Sud et co-auteur de l'étude, le critère de la productivité a été pris en compte pour la première fois en 2006 par l'université Texas A&M lors de l'évaluation de ses professeurs. "Il est donc très surprenant que cette initiative n'ait pas été plus suivie par les autres grandes institutions" explique-t-il. Celles-ci sont en effet généralement des établissements publiques considérant lesdépôts de brevets comme une priorité et publiant des lignes directrices concernant leurs critères d'évaluation.

Un intérêt réel pour les universités...

Selon l'étude, il existerait pourtant un certain nombre de très bons arguments en faveur de la promotion des chercheurs en fonction de leur potentiel commercial. Un tel mécanisme de valorisation permettrait, par exemple, d'inciter les jeunes enseignants ambitieux à s'engager plus tôt dans leur carrière dans des activités innovantes. En encourageant la créativité de leurs chercheurs, les universités pourraient se voir attribuer plus de subventions pour la recherche. Plus de subventions signifie d'une certaine manière moins de pression pour trouver des solutions utiles et applicables rapidement aux problèmes de la société - ce à quoi sert la recherche. Cela s'apparente donc clairement à un investissement "qui se révèle avantageux pour tout le monde" explique Paul Sanberg.

... mais qu'il est nécessaire de contrôler

Les auteurs de l'étude vont plus loin: "La prochaine étape pour accroître les activités commerciales des universités est de faire en sorte que que l'investissement viennent également des États". Afin que les recherches aient un réel impact, il est en effet nécessaire que ceux-ci allouent les ressources nécessaires au transfert des connaissances scientifiques des universitaires vers les entrepreneurs. Un bémol toutefois. Sanberg précise que ces activités commerciales doivent nécessairement être contrôlées. "Il est important que celles-ci ne prennent pas le pas sur les activités universitaires des enseignants et en particulier sur la publication de leurs recherches" ajoute l'universitaire.

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