Les femmes de plus en plus sensibles aux jeux en ligne

Par 07 juillet 2010
Mots-clés : Smart city, Europe

Les modules ludiques ont les faveurs de la gente féminine, qui apprécie ceux combinant utilité, logique et simplicité. Une approche qui les rend sensibles au concept des jeux sérieux.

Si le public des jeux vidéos et en ligne reste encore majoritairement masculin, les femmes sont de plus en plus nombreuses à s'y intéresser : selon une chercheuse de l'université de Ghent, en Belgique, ces dernières s'y consacrent désormais en moyenne huit heures par semaine, contre dix sept pour les hommes. Devenant ainsi une cible à ne pas négliger pour les professionnels du secteur. Notamment pour les concepteurs de jeux sérieux, qui doivent trouver les moyens de séduire une partie de la population jusqu'ici peu touchée par ce type de support. Une tâche qui ne devrait pas être trop difficile, si l'on en croit Julian Alvarez, consultant en TIC et spécialiste des Serious Games. "Quand on associe au jeu une dimension d'utilité, comme par exemple l'apprentissage, les femmes culpabilisent moins d'accorder de leurs temps à ce qui reste 'un jeu'", explique-t-il à L'Atelier.
Des attentes différentes selon les genres
Et d'ajouter : "les femmes ont d'ailleurs tendance à mieux appréhender les 'serious game' que les hommes". Un concept de jeu qui correspond davantage à leurs attentes. Pourquoi ? Parce que pour elles, les modules ludiques doivent être logiques et simples d'utilisation. Le tout dans l'optique de résoudre un problème ou une énigme. Jeu qui doit être accompagné de règles claires et de défis réalisables. D'ailleurs, "elles consultent les notices, contrairement aux hommes", poursuit Julian Alvarez. Ces derniers aimant plus la concurrence, la compétition, atteindre un objectif et obtenir une notion de satisfaction quant aux progrès réalisés, explique la chercheuse. Tandis que les femmes s'attardent davantage à regarder le côté esthétique et agréable du jeu, sans être pour autant systématiquement rebutées par la violence.
Laisser une plus grande place aux conceptrices de jeu
Reste que prendre ces facteurs en compte ne doit pas orienter les concepteurs vers le déploiement de versions différentes en fonction du sexe du participant. Julian Alvarez préfère parler de tendance, et prône "un accord entre les genres, en privilégiant la coopération et le dialogue entre eux". Même s'il reconnaît que la sensibilité ergonomique d'une femme lorsqu'elle joue nécessite une vision féminine. En ce sens, il est nécessaire selon lui de mixer les équipes de concepteurs et de laisser une plus grande place aux games designers féminines. Un avis partagé par la chercheuse, qui précise dans son étude que " les jeux sont encore mal adaptés aux femmes ". A noter que l'étude a été réalisée auprès d'un millier de femmes.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas