Les férus de jeux ne le sont pas forcément de la distribution en ligne

Par 22 septembre 2010
Mots-clés : Smart city, Amériques, Asie, EMEA
Photo d'un personnage de jeux vidéo

80% des "gamers" américains n'ont jamais acheté de jeux sur Internet. Mais ceux qui le font sont aussi les meilleurs clients des enseignes de distribution classique.

Pas de coûts de distribution, pas de coûts de transport, pas de frais de packaging... Sur le papier, la vente en ligne (par téléchargement) de jeux vidéo est un rêve d'éditeurs. Mais sur le papier seulement, avertit le cabinet spécialisé Interpret , dans sa dernière étude* : " Is digital distribution really reshaping the gaming industry? " . Selon Interpret, aux Etats-Unis, l'un des marchés les plus développés, à peine 20 % des joueurs achètent des jeux en ligne. Soit près de 24 millions d'individus. Quant à ceux qui ne le font pas, ils semblent aussi être de moins gros acheteurs que leurs comparses qui s'intéressent aux jeux sur Internet : ils achètent en moyenne moins qu'eux de jeux dans les boutiques traditionnelles. Le cabinet explique également que les ventes en ligne de jeux vidéo, si elles ont dans l'ensemble progressé aux premiers trimestres 2009 et 2010, ont quand même connu des baisses sur certains segments, indique l'étude.

Forte croissance des jeux sur réseaux sociaux et sur mobiles

Ainsi, si les plates-formes d'éditeurs comme Electronics Arts ou Ubisoft, et le téléchargement sur consoles (Xbox, Wii, PlayStation) résistent bien, il n'en est pas de même pour l'achat de petits jeux, peu évolués et souvent distribués sur des portails de services Internet. Cette dernière catégorie affiche une baisse d'activité sensible, et se trouve impactée par la croissance soudaine des jeux commercialisés sur Facebook ou sur mobile, comme Mafia Wars ou FarmVille. En 2009, un peu plus de 10 millions d'internautes téléchargeaient sur les portails du type Big Fish Games ou Pogo. Un an plus tard ils ne sont plus qu'un peu plus de 7 millions. Si les " gamers " restent massivement à l'écart de la distribution de jeux en ligne, le phénomène ne tient ni du miracle ni d'un certain conservatisme consumériste. " On ne sait pas si les ventes de jeux sur Internet finiront un jour par prendre le dessus sur les ventes classiques " , commente Brenton Lyle, l'un des rédacteurs de l'étude.

On ne revend pas un jeu téléchargé en ligne

" Mais ce que l'on sait, c'est qu'aujourd'hui les canaux de distribution traditionnels sont encore synonymes de qualité de service, et d'expertise, qui débouchent souvent sur un acte d'achat " . De plus, d'un strict point de vue financier, si l'on peut toujours revendre un jeu physique d'occasion, bien loti dans sa cartouche, la chose est impossible pour un fichier parfois tout aussi coûteux, mais téléchargé en ligne. En conclusion, le cabinet recommande aux éditeurs de laisser le marché évoluer à son rythme. Et de ne pas bouleverser de manière quelque peu irrationnelle leur stratégie de distribution pour provoquer un basculement vers la vente en ligne, une pratique encore très largement ignorée par les consommateurs.

* conduite auprès d'un échantillon représentatif de 9000 personnes

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