Festival de Cannes : le piratage de films est à l’affiche

Par 12 mai 2004

Cette année, le festival de Cannes n’est pas uniquement placé, comme à l’accoutumée, sous le signe des robes à paillettes, de la montée des marches, des producteurs et des nouveaux films en compétition. Le...

Cette année, le festival de Cannes n’est pas uniquement placé, comme à l’accoutumée, sous le signe des robes à paillettes, de la montée des marches, des producteurs et des nouveaux films en compétition. Le tableau est assombri par les revendications des intermittents, d’une part, mais aussi par le piratage de films. A la sortie des chiffres publiés par l’Alpa (Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle), le monde du cinéma présent à Cannes s’est ému des proportions du piratage filmique observé en France. Au point de prendre la parole pour mettre en garde contre les dangers de ce nouveau phénomène qui menace le cinéma français. Les expressions de ce petit monde mobilisé autour de la sauvegarde du cinéma se succèdent : « péril évident » (Luc Besson), « liens avec le crime organisé » (Dara MacGreevy, directeur régional de la Motion Picture Association)… Notons cependant quelque voix discordante : celle de Quentin Tarantino, qui s’est dit ravi de savoir que ses films sont vus en Chine, grâce au téléchargement en ligne, alors qu’ils ne sont pas autorisés dans le pays !Qu’en est-il exactement du piratage de films, en France ? Selon les chiffres du Centre national de la Cinématographie, notre pays compte près de trois millions de pirates, qui téléchargent en moyenne 11 films par mois. Selon l’Alpa, 19 % des internautes à domicile ont déjà téléchargé gratuitement sur Internet, contre 4 % qui ont payé pour télécharger. Les palmes du téléchargement reviennent au « Monde de Nemo », au « Seigneur des Anneaux », à « Matrix », « American Pie », « Fast and Furious », « Pirates des Caraïbes », « Frère des Ours », « Taxi », « Harry Potter » et « Chouchou »… Des productions qui ont par ailleurs rencontré un véritable succès dans les salles. Qu’est-ce qui pousse les internautes au téléchargement de films sur Internet ? Toujours selon l’Alpa, c’est bien entendu l’équipement informatique et la pénétration du haut débit. Mais c’est aussi le sentiment d’être en rébellion contre les majors du cinéma et de la musique qui « gagnent beaucoup d’argent ». Selon les internautes sondés par l’Alpa, les solutions au piratage de films seraient tout simplement de baisser les prix des DVD, des cassettes vidéo, des places de cinéma… et de produire des films de meilleure qualité. L’industrie filmique en prend pour son grade : les internautes sondés se disent prêts à acheter un DVD, à payer une place de cinéma si le film en vaut la peine. Il semblerait que pour la première fois de son histoire l’industrie filmique soit confrontée à la critique des spectateurs envers ce qu’elle produit. Nul n’est besoin de trop s’en faire cependant pour cette industrie, qui a trouvé dans le DVD un format très lucratif. Selon de nombreux experts, la baisse des entrées en salles est plus due au succès du DVD qu’au téléchargement sur Internet. Un calcul simple : une famille de cinq personnes paiera en moyenne 36 euros pour voir un film au cinéma, quand l’achat d’un DVD lui coûtera entre 10 et 20 euros et lui permettra un nombre illimité de visionnages… (Atelier groupe BNP Paribas - 12/05/2004)

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