Le Figaro d'aujourd'hui consacre un dossier spécial au bogue de l'an

Par 16 février 1999
Mots-clés : Amérique du Nord, Europe

2000. A un peu plus de 300 jours du passage à l'an 2000, les gouvernements, les institutions internationales et les grandes entreprises sont en pleine préparation. Il faut à tout prix éviter une ...

2000.
A un peu plus de 300 jours du passage à l'an 2000, les gouvernements, les
institutions internationales et les grandes entreprises sont en pleine
préparation. Il faut à tout prix éviter une catastrophe. Selon Gap Gemini,
le coût mondial du traitement des systèmes d'information et de production
s'élève à près de 717 milliards de dollars (631,7 milliards d'euros),
montant plaçant ainsi cet évènement au second rang des plus grandes crises
mondiales de ces cinquante dernières années. Effectivement, les
ordinateurs ne sont pas les seuls systèmes concernés, il y a également
les nombreuses puces qui peuplent notre environnement, de l'ascenseur au
scanner, en passant par les feux tricolores, sans oublier les avions ....
Pour mettre en conformité l'ensemble des systèmes commandant les fonctions
vitales du pays, l'administration travaille d'arrache-pied. Les échanges
se multiplient au niveau international.
Si rien n'est fait, les conséquences du passage informatique à l'an 2000
seront bien réelles. Il faut faire vite pour éviter le drame.
Aujourd'hui, les actions des sociétés de service informatiques flambent.
Quand sera-t-il demain ?
Selon Jean-Paul Fige, directeur de la technologie chez Cap Gemini, il
"faut éviter toute hystérie collective".
A condition de débuter immédiatement, le retard inquiétant d'un très
grand nombre d'entreprises peut encore être corrigé, au moins pour les
applications essentielles.
Le risque, selon les experts, est à peu près le même dans tous les
secteurs. Toutefois, le fossé séparant les PME des grandes entreprises est
très préoccupant.
Depuis des mois, le monde de la finance se prépare au passage à l'an
2000. Des tests de place seront organisés comme pour le basculement à
l'euro.
Le passage à l'an 2000 est encore plus vital que la "bascule" sur l'euro
pour les banques.
Il en coûtera un milliard de F aux armées pour conserver leur potentiel.
Pour le Crédit Agricole, le changement d'année représente une dépense de
152,4 millions d'euros, dont la grande majorité financera le coût humain
de l'opération.
La COB américaine demande aux sociétés cotées de publier l'état
d'avancement de leur préparation au passage à l'an 2000.
Le secteur privé et l'administration sont sur le pied de guerre pour
passer sans encombre technologique l'an 2000, surnommé Y2K aux Etats-Unis.
Les pays du Sud sont mal préparés.
Les assureurs ne couvriront pas tout.
Peter de Jager, grand gourou mondial du bogue de l'an 2000 depuis plus de
dix ans, estime aujourd'hui que l'on pourra tout juste éviter
l'irréparable.
Pour Gérard Théry, le président de la mission "passage informatique à
l'an 2000", la France est dans le même peloton que les autres pays de
l'OCDE, mais ne le fait pas assez savoir.
Dans les hôpitaux, certains matériels médicaux n'ont pas passé les tests
de passage à l'an 2000 avec succès. Sans mettre à priori en danger la
santé des malades ...
(Dossier de quatre pages - Le Figaro - 16/02/1999)

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