Les financiers français investissent encore peu dans les entreprises

Par 08 octobre 1998

Internet. Selon une étude menée cet été par les analystes du MGT, un marché financier destiné aux professionnels du capital-investissement qui permet à de jeunes sociétés de trouver plus facilement...

Internet.
Selon une étude menée cet été par les analystes du MGT, un marché
financier destiné aux professionnels du capital-investissement qui permet
à de jeunes sociétés de trouver plus facilement des fonds de
capital-risque avant d’envisager une introduction en Bourse, depuis deux
ans, près de 275 millions de F seulement ont été investis en France dans
31 entreprises essentiellement actives dans le logiciel.
L’auteur de l’étude, Olivier Goy explique “nous avons cherché à
comprendre comment fonctionnait le modèle américain et quelles leçons on
pouvait en tirer en France pour sélectionner les jeunes entreprises
Internet françaises les plus intéressantes”.

En revanche, aux Etats-Unis, pour la seule année 1997, les
capital-risqueurs américains ont investis sur Internet plus de 10
milliards de F, soit 40 fois plus qu’en France, dans plus de 100
entreprises. De plus, ces fonds sont beaucoup mieux répartis. Même si le
logiciel arrive en tête, les équipements, le commerce électronique et le
contenu bénéficient aussi de ces financements “cela signifie que le
contenu sur Internet, s’il n’a pas encore vraiment trouvé son modèle
économique se finance bien aux Etats-Unis, alors que ce n’est pas encore
le cas en France”.
Seules une demi-douzaine de sociétés de capital-risque interviennent
régulièrement en France, comme Innovacom, Sofinova.
Selon l’étude, les moyens financiers, les ressources humaines,
l’expérience des hommes aux commandes, le caractère innovant de l’approche
et les partenariats stratégiques conclus avec des acteurs majeurs
constituent les critères de réussite d’une jeune société Internet.
Aux Etats-Unis, les capitaux moyens levés sont de l’ordre de 8 millions de
dollars dans le contenu et de 13 millions de dollars dans le commerce
électronique. 13 % des dépenses vont au développement du produit,
l’essentiel, soit 64 % étant consacré à la vente et au marketing “un
point que les entreprises françaises mésestiment trop souvent”.

La généralisation d’Internet à tous les types d’industrie devrait changer
les choses. Les fonds technologiques comme Innovacom ne seront plus alors
les seuls à se pencher sur les jeunes sociétés Internet.
(Les Echos - 08/10/1998)

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