[Fintech R:Evolution] Les GAFA se veulent les alliés des banques… pour l’instant!

Par 09 mai 2016
La salle des conférences du Fintech R:Evolution

Comment les géants du net abordent-ils la bancarisation de leurs services ? De l'autre côté, comment la banque de détail compte-elle faire face à ces évolutions ? Réponse avec Marie-Claire Capobianco (BNP Paribas), Laurent Solly (Facebook) et Nick Leeder (Google), rencontrés lors de Fintech R:Evolution, le 3 mai dernier.

Mardi 3 mai, l’événement fintech parisien a rassemblé les foules. Quelques 800 personnes, dont des acteurs du monde financier et bancaire, des innovateurs et des politiciens, se sont massés au Fintech R:Evolution, organisé par France Fintech et en partenariat avec L’Atelier BNP Paribas. La surprise fut d’autant plus importante que la discipline n’en est encore qu’à ses débuts dans notre pays.

Parmi les nombreuses interventions, une table-ronde a particulièrement retenu l’attention. Intitulée « Un monde sans banque est-il possible ? », elle a mis en lumière le rôle grandissant des GAFA dans la bancarisation du web et celui des banques de détail, confrontées à une évolution technologique permanente. Alors le combat entre GAFA et banques existe-t-il vraiment ?

La table ronde avec Marie-Claire Capobianco, Laurent Solly et Nick LeederMarie-Claire Capobianco, Laurent Solly et Nick Leeder lors de Fintech R:Evolution.Crédit photo : L'Atelier BNP Paribas

Facebook et Google se voient partenaires des grandes banques

En effet, dès 2014, Facebook annonçait qu’il pourrait désormais proposer des services bancaires variés à ses utilisateurs irlandais. Stockage d’argent, paiement et transferts monétaires via la plateforme allaient dès lors être permis par le régulateur. Le géant des réseaux sociaux mordrait-il sur les plate-bandes des banques de détails européennes ? Il n’en est rien, selon Laurent Solly, directeur de Facebook France. « Nous ne travaillons pas à la place des banques. En revanche, nous sommes, par notre capacité d’innovation et par les très nombreuses personnes qui utilisent nos plateformes, un partenaire stratégique de la transition digitale », s’est-il expliqué pendant la table-ronde. Hors d’une logique concurrentielle, Facebook préfère plutôt monnayer ses outils pour permettre aux banques de mettre un pied dans son réseau.

Quant à Google, il se positionne lui aussi en allié. Selon Nick Leeder, directeur de Google en France, « chaque mois, dix millions de Français recherchent des produits bancaires et financiers sur les moteurs de recherches, dont cinq millions sur Google. Notre travail est d’assurer la présence de ces produits sur la toile ». Pourquoi ne pas en profiter pour simplifier l’expérience utilisateur et amener les internautes directement vers l’achat ? Déjà en contact avec des banques françaises, Nick Leeder a assuré, lors de l’événement, son rôle de simple intermédiaire : « nous n’avons pas du tout pour ambition d’empiéter sur le travail des banques ».

EvolutionMarie-Claire Capobianco lors de Fintech R:Evolution.Crédit photo : L'Atelier BNP Paribas

La banque de détail : une entité en perpétuelle mutation

Face à l’évolution des habitudes des consommateurs vers des services de plus en plus délocalisés sur des plateformes externes comme celles des GAFA, quelle position les banques peuvent-elles prendre ? Selon Marie-Claire Capobianco, responsable de la banque de détail en France chez BNP Paribas, la banque n’a qu’à suivre son chemin historique : l’évolution. « Les banques portent en elles une longue histoire d’adaptation permanente à des aspects règlementaires ou de consommation. » Coexister avec les jeunes pousses de la fintech, les intégrer aux produits et services existants et aller dans le sens du client en lui proposant une expérience plus fluide en phase avec la technologie : voilà l’ambition de la banque de détail. Et Marie-Claire Capobianco de rappeler son rôle de pilier sécuritaire : « Nous voulons apporter de nouvelles solutions tout en conservant notre atout, qui est cette capacité à être en quelques sortes les gardiens du temple. N’oublions pas que derrière tout cela, il en va de la protection du consommateur et de son argent ».

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