La foule n'est pas si anonyme que cela quand il s'agit de financer

Par L'Atelier - Paris 15 mars 2010 Laisser un commentaire

Pour Kickstarter ou WindowsFarm, le crowdfunding n'est une approche ni philanthropique, ni celle d'investisseurs attendant un retour en monnaies sonnantes et trébuchantes.

Le crowdfunding, comme son nom l’indique, consiste à faire appel à la multitude pour financer un projet. Kickstarter est un très bon exemple de cette mécanique. Ce service sert à populariser des projets culturels (musiciens, journalistes, inventeurs…) qui ne disposent pas de canaux de financement performants. L’argent versé n’est débité du compte de l'investisseur que si le plafond fixé par l’entrepreneur est atteint. Mise au point de son créateur, Perry Chen : "Le crowdfunding, ce n’est pas de la philanthropie". Pourtant il y a quelques similarités : les donateurs ne vont pas recevoir de l’argent si le projet réussit. Le retour se fera via des photos, des histoires postées sur un blog.

Des investissements supérieurs à la demande

Cela peut aller jusqu’à recevoir le produit du projet. Dans le cas de Robin Sloan, le modérateur de la conférence "Funding you project with the crowd", il s’agissait du livre. Pour Britta Riley, il s’agira de fermes verticales pour fenêtres. Oui, WindowsFarm a comme objectif de transformer les fenêtres des villes en fermes verticales végétariennes. Cela peut prêter à sourire, mais le projet est tout à fait sérieux. La preuve, il a récolté plus de 28 000 dollars sur les 25 000 demandés. Alors, les donateurs, de généreux inconnus issus du monde virtuel magique ? Robin Sloan répond : "Ce n’est pas cela, la plupart du temps, ce sont des amis, des collègues, des gens que vous connaissez. Il n’y a pas de magie".

Un nombre limité de contributeurs

Si l’on examine le cas WindowsFarm, le processus – simple – a été bien pensé. "Nous avons fait une vidéo, et on a pensé qu’il fallait vraiment personnaliser les messages", relate Britta Riley devant le panel de spectateurs. Celle-ci ne s’est pas contentée d’espérer des retombées issues de la puissance du marketing viral. Elle a écrit un courriel, rencontré des gens en face à face. Et ce n’est qu’à partir du moment où elle a réussi à convaincre un gros donateur que l’afflux d’argent a commencé. Et pas de milliers de financiers improvisés : moins de deux cents cinquante contributions ont été nécessaires. Oui, le crowdfunding n’est pas un faiseur de miracle. "99% des idées ne seront pas financées", avertit Perry Chen.

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