Fournisseurs de solutions de commerce en ligne en Chine : tatillons, chers et brouillons

Par 02 octobre 2012
doigt pointé

Dans notre monde numérique, le destin inéluctable de toute marque est de faire du commerce en ligne. Dernièrement, au nom de mes clients, j'ai contacté des dizaines de fournisseurs de services de commerce en ligne en Chine, dans l'espoir de sélectionner quelques candidats valables.

 

Je me suis sentie comme une entremetteuse, mon client étant la jeune fille en fleur que je devais marier à un fournisseur décent de services en ligne. La plupart de ceux à qui j'ai parlé jusqu'à présent, m'ont semblé davantage avides d'offrir un service complet (et non un service partiel) comprenant l'externalisation des processus (BPO ou Business Process Outsourcing) de commerce en ligne, allant du concept du magasin en ligne, au design, au CRM, en passant par le support IT et la logistique… bien, la logistique peut être un piège, parce qu'ils doivent tous la sous-traiter à des entreprises de livraison externes, et quant au stockage, certains louent leurs propres entrepôts, tandis que d'autres doivent à leur tour sous-traiter.

De toutes façons, il était temps pour moi de partager mon expérience, et j'aimerais catégoriser ces services entre :

  • Les fournisseurs chers et curieux :

Vu que mon client est une marque étrangère, j'ai d'abord contacté les fournisseurs de services étrangers. Je m'attendais à ce que leurs prix soient plus élevés comparés aux opérateurs locaux. Par contre, j'ai remarqué qu'ils avaient tendance à poser plus de questions, sous le prétexte bien sûr qu'ils souhaitaient bien comprendre les besoins de mon client. J'attends toujours d'autres explications et leur offre, après qu'ils m'aient mise sur le grill. Je n'ai aucun problème à répondre à leurs questions, mais accessoirement, je trouve le processus beaucoup trop long.

  • Les tatillons :

J'ai toujours pensé qu'un des meilleurs moments dans la vie, c'était quand vous poussiez la porte d'un fournisseur en disant "Coucou ! Mes clients s'intéressent à vos services !" Non pas que j'aie envie qu'ils cirent mes bottes, mais je m'attends au minimum à un beau sourire. Eh bien, il arrive que vous soyez remballé immédiatement par e-mail. Par exemple, Baozun, une société créée en 2007, m'a claqué la porte au nez. Je sais que son équipe se trouve derrière les magasins Taobao de Pepsi et Philips, et vous pouvez trouver leur liste de clients ici.

Comme je suis quelqu'un qui n'accepte pas facilement un "NON" - du moins, j'ai besoin d'une raison valable - j'ai appelé Baozun pour m'informer sur leurs motivations, et j'ai trouvé la réponse, mais en langue de bois : "Nous ne sommes pas tellement intéressés par ce projet".

Bon, ma compréhension, c'est que :

1) Leur positionnement ressemble à un club exclusif uniquement accessible aux marques de prestige

2) Alibaba est un de leurs investisseurs. Avec une réponse aussi puissante que la leur, je déduis qu'ils n'ont pas tellement besoin de nouveaux clients.

  • Les brouillons :

Dans cette catégorie, je place les compagnies locales ayant une attitude plus ouverte, mais j'ai remarqué qu'elles étaient proportionnellement plus brouillonnes. Vous devez savoir que, dans cette catégorie, j'ai sélectionné ceux qui revendiquaient une expertise pertinente solide dans le secteur de mes clients.

Ce qui est frappant, c'est que tous m'ont raconté que la création d'un magasin Taobao était la meilleure et unique stratégie. Certains ont même dit qu'ils se limitaient à aider les marques à créer un magasin virtuel sur Taobao, sans aucune intention de lancer le moindre magasin virtuel quelque peu indépendant.

Hormis ce qui a été dit plus haut, leurs prix étaient souvent composés de "frais mensuels de services opérationnels + commission en pourcentage de votre chiffre d'affaires mensuel".

En fonction de vos besoins spécifiques, les coûts mensuels minimum peuvent aller de 30.000 à 80.000 RMB (env. 3.000 à 8.000 euros) par mois, avec une commission se montant entre 8 et 20%. Le problème, c'est que les prix les plus élevés ne se justifient pas par un meilleur service.

Autre réflexion :

D'une certaine manière, j'ai commencé à me demander s'il ne valait pas mieux que mon client – la fille – fasse quelque-chose lui-même au lieu de se marier avec un sous-traitant offrant un service complet. Car une nouvelle fois, le véritable problème pourrait être la pénurie de talents en commerce en ligne en Chine. Il est probablement très difficile de trouver les personnes adéquates, de les embaucher et d'arriver à offrir aux marques une symphonie spectaculaire de commerce en ligne.

Pour le meilleur et pour le pire, le commerce en ligne chinois est, selon les statistiques, en plein essor, et la chasse aux rares fournisseurs – je veux dire, les vrais bons fournisseurs – est ouverte.

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