Fracture numérique : le haut débit est un outil, pas la solution

Par 07 avril 2010

Attention aux clichés. Les jeunes nés avec Internet n'intègrent pas tous de la même façon les compétences liées à l'usage des services sur le web.

Dans de nombreux pays, la résorption de la fracture numérique semble trouver sa résolution dans des efforts massifs sur l'infrastructure. Ce n'est pas suffisant, rappelle Eszter Hargittai, professeur au département des études sur la communication de l'université américaine de Northwestern. Il est vrai qu'à force de baptiser de Digital Natives la génération née dans un écosystème où Internet est déjà devenu un outil de communication et de travail indispensable, on aurait tendance à leur attribuer des compétences techniques innées.
Une connaissance liée au contexte socio-économique
Ce n'est évidemment pas le cas. Pire, le savoir-faire dans le domaine semble étroitement lié à des contextes socio-économiques. Après avoir étudié plus de mille entrants à cet établissement proche de Chicago, la chercheuse a établi que les étudiants pauvres, les femmes et les hispaniques faisaient montre de moins de maîtrise des compétences liées à l'usage du web que les autres populations. En cause, l'autonomie dans l'utilisation et l'expérience acquise auparavant. Dans l'autonomie, il faut inclure la possession d'un ordinateur portable.
L'assimilation dépend de l'expérience
Mais ce n'est pas le plus important. Est ainsi concerné le nombre de lieux où l'étudiant a la possibilité de se connecter à Internet (cercles familiaux, amicaux, lieu de travail). Ces deux facteurs sont en effet très liés au niveau de recherche d'information en ligne. Le nombre d'années, ainsi que le nombre d'heures passées devant un ordinateur, comptent assez logiquement pour beaucoup dans l'assimilation des techniques web. Enfin, les "Digital Natives" dont l'un des deux parents est diplômé, maîtrisent mieux la Toile que ceux dont aucun des parents ne l'est.

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