La France, bonnet d'âne européen en recherche et développement

Par 06 mars 2008
Mots-clés : Europe

L'Agenda de Lisbonne lance ses pistes de développement pour l'économie européenne d'ici à 2010. Au coeur de ses préoccupations: l'investissement en recherche et développement. Dans ce domaine, l'hexagone est à la peine.

La productivité européenne est en pleine croissance. Dans le même temps, les investissements français en innovations laissent à désirer. C'est ce qui ressort du dernier sommet qui s'est réuni autour de l'agenda de Lisbonne. L'impact de l'investissement sur la croissance connaît ses meilleures performances en Espagne, au Danemark et en Italie. Avec un bémol cependant : les nouvelles technologies développées dans ces pays connaissent une faible diffusion par manque d'investissement dans les brevets et logiciels. Ces pays, dont la croissance est plombée par la baisse de compétitivité de leurs productions, sont dynamisés en parallèle par leurs dépenses en nouvelles technologies qui restent élevées (jusqu'à 10% du PIB en Italie contre 8% en Allemagne). La France, comme les Pays-Bas et la Belgique, est bien en dessous de cette moyenne: elle se classe au 7ème rang du classement.
Les résultats se font attendre
Les experts expliquent cette disparité en partie par le fait que la plupart des pays bénéficiant d'un investissement en R&D élevé se trouvaient héberger une forte proportion d'entreprises innovantes, ce qui a gonflé les chiffres. Pour mémoire, l'agenda a été Initié par le Conseil européen. Son but est de doter l'UE de l'économie la plus compétitive. La Stratégie de Lisbonne vise l'adaptation aux évolutions de la société de l'information et les actions en matière de recherche et de développement. L'une des mesures phares est la réforme du budget de l'UE : cette dernière devra intensifier ses efforts en matière de R&D ainsi que miser sur les activités motrices de l'innovation. Ainsi l'objectif est que les dépenses en recherche et développement soient portées à 3% du PIB européen d'ici à 2010. Tous les pays membres ont augmenté leurs investissements depuis début 2007, même si à l'échelle de l'UE les résultats se font encore attendre.
Facteur majeur de la croissance européenne
La stratégie de Lisbonne met aussi l'accent sur l'investissement dans le futur: c'est la question du capital humain. L'Europe compte d'ici à 2010 se recentrer sur l'apprentissage et les compétences. La commission européenne fournira dans cette optique des prévisions annuelles des besoins en termes de compétences des européens afin d'adapter la formation à la demande des employeurs. Il est ressorti de la réunion des Etats membres qu'il est essentiel d'investir dans ce domaine, en particulier pour maîtriser au mieux les NTIC, pilier incontournable de la croissance européenne. D'ailleurs l'un des indicateurs de croissance retenu par Lisbonne est le Futur Oriented Investment Indicator : il prend en compte les dépenses en équipement et capital humain des institutions et entreprises et la part qu'ils représentent dans le PIB de chacun des pays membres.

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