La France est désormais en position de force.

Par 17 février 1999
Mots-clés : Smart city, Europe

Alors qu'entre 1995 et 1996, la France avait été incapable d'accueillir le moindre projet et avait subi des délocalisations, elle est aujourd'hui plutôt bien placée pour attirer les centres d'appels...

Alors qu'entre 1995 et 1996, la France avait été incapable d'accueillir le
moindre projet et avait subi des délocalisations, elle est aujourd'hui
plutôt bien placée pour attirer les centres d'appels. L'an dernier, les
investisseurs américains ont ainsi créé 610 emplois dans la région
parisienne et le Sud-Est, avec notamment Kykes, Sitel et Transcom, chiffre
qui devrait doubler au minimum cette année.
Fin janvier, l'antenne nord-américaine de la Datar avait en prévision en
effet 16 nouveaux projets américains représentant 2 450 emplois
potentiels. Selon Remi Girardot, le directeur de l'agence "Invest in
France" à Netw York "c'est 10 % du total des emplois créés en France l'an
dernier par les investissements étrangers".
Sept des nouveaux projets concernent des sociétés de haute technologie
pour l'établissement de centres de support technique (1 000 emplois), cinq
viennent de sous-traitants en centres d'appels (700 emplois), trois
portent sur des centres de prises de commandes ou de réservations (300
emplois). Le dernier, celui d'une société de services financiers permettra
de créer 400 emplois.
Bien que toujours en concurrence avec d'autres pays européens pour ces
implantations, la France est désormais plutôt bien armée. En effet, étant
entrée plus tard que ses voisins dans ce domaine et avec des coûts
salariaux très compétitifs, il y est plus facile de recruter des
téléopérateurs. le marché étant nettement moins saturé que dans d'autres
pays,
La France a également un avantage linguistique. Chargé de mission à
l'agence "Invest in France", Nicolas Lenoir explique "les centres d'appels
recherchent de plus en plus des téléopérateurs utilisant leur langue
maternelle. L'Allemand qui appelle à Marseille doit croire qu'il appelle
en Allemagne". La saturation du marché oblige les entreprises en Irlande
et aux Pays-Bas à recourir à des expatriés, ce qui a une incidence sur les
salaires.
Cette pression sur les salaires n'existe pas en France dans le secteur des
centres d'appels. Le niveau de rémunération mensuelle se situant entre 7
000 et 9 000 F, la part des charges sociales varie de 24 à 33 %, au lieu
de 45 % dans les tranches supérieures. Ceci est comparable à l'Irlande et
inférieur aux Pays-Bas "L'Allemagne n'est pas un concurrent en raison des
coûts salariaux nettement plus élevés et du manque de flexibilité des lois
sociales qui interdisent le travail dominical".
En nombre de centres d'appels, la France se situe en troisième position
derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne, mais loin devant les Pays-Bas,
l'Irlande et la Belgique.
Alors que jusqu'à présent l'Irlande a largement profité du modèle
pan-européen unique, c'est-à-dire un seul centre d'appels pour servir
toute l'Europe, les entreprises se tournent aujourd'hui vers la création
de centres régionaux. Rémi Girardot indique "nous conseillons aux
investisseurs américains de garder un pied dans les îles Britanniques
s'ils y sont déjà, mais d'en mettre aussi un sur le continent, tant pour
des raisons géographiques que de sécurité technique". De plus, le modèle
unique pan-européen se heurte à la difficulté de recruter et de gérer du
personnel de nationalités différentes. Selon Nicolas Lenoir "au-delà de 50
nationaux, il est plus rentable de créer un centre d'appels, sinon dans le
pays de ces nationaux, du moins dans celui où l'on a le plus de chances de
les trouver".
(Le Figaro - 17/02/1999)

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