"En France, l'implantation de réseaux internes tend à se multiplier"

Par 10 février 2012 2 commentaires
Mots-clés : Smart city, Europe
social network

L'Atelier s'est fait l'écho ces dernières semaines d'études montrant un engouement de plus en plus marqué pour ces plates-formes, intégrées à l'entreprise ou externes. Le point, en France, avec Bertrand Duperrin.

Entretien avec Bertrand Duperrin, consultant chez NextModernity.

Des études publiées récemment et dont L'Atelier s'est fait l'écho font toutes montre d'un usage de plus en plus important des réseaux sociaux externes par les salariés. Existe t-il un profil type, en France, de sociétés enclines à ne pas en interdire l'accès ?

Bertrand Duperrin : Non, il n'est pas vraiment possible de ranger en catégories distinctes les entreprises autorisant leurs employés à utiliser des réseaux externes. Tout est question de culture d'entreprise. Néanmoins, dans les secteurs soumis à une forte concurrence, les compagnies sont plus enclines à laisser leurs employés utiliser ces réseaux car cela peut se révéler un outil de communication précieux. C'est par exemple le cas d'IBM, où les salariés se positionnent comme les représentants de la marque. Mais il ne faut pas oublier que leur rôle n'est pas non plus d'en être porte-parole.

Voilà pour les réseaux externes. Et qu'en est-il réellement de l'adoption de plates-formes internes ?

En France, l'implantation de réseaux internes tend à se populariser et ce, sans distinction entre les différents secteurs économiques, comme en attestent les exemples de Simply Market, Renault ou encore Cimex. Par contre, les PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont légèrement en retrait par rapport aux plus grandes entreprises, mais cela serait plus certainement lié à la taille de la structure, au manque de temps et de moyens. De manière générale, la France est néanmoins en retard par rapport aux États-Unis.

Pour quelles raisons certaines entreprises y sont encore réfractaires ?

Deux raisons principales sont avancées : la première est évidemment la sécurité (fuite de données, mauvaise image diffusée...), et la seconde est liée à la peur que cela soit un frein à la productivité. En effet, l'utilisation en trop grand nombre de ces réseaux en entreprise peut entraîner une surexploitation et un ralentissement de la bande passante. De plus, même si l'étude de Palo Alto Networks suggère le contraire, certaines entreprises restent méfiantes quant au potentiel distractif et donc contreproductif de l'utilisation par ses salariés des réseaux sociaux internes ou externes. Néanmoins, il est nécessaire de garder à l'esprit qu'un salarié non motivé trouvera toujours un moyen d'être contreproductif, et qu'il existe de véritables aspects positifs à l'implantation de tels réseaux, aussi bien du point de vue de la communication et de la veille que de la politique sociale des entreprises.

Pour revenir sur l'étude de Palo Alto Networks, pensez-vous que le collaboratif et la possibilité d'y accéder améliorent véritablement la motivation des salariés ?

Je suis assez dubitatif sur ce point. Les salariés restent en grande majorité inquiets des répercutions que leurs propos sur les réseaux sociaux peuvent avoir sur leur avenir professionnel, et ne les utilisent donc que très peu. De plus, selon moi, un réseau social est un simple outil qui, à lui seul, ne peut remotiver un salarié qui ne le souhaite pas. Il ne remplace donc pas une véritable politique RH, mais peut, en effet, aller de pair avec celle-ci. Quant à l'aspect collaboratif, je pense que les salariés ne sont pas habitués à effectuer un tel partage des connaissances. En effet, demander de l'aide à ses collaborateurs est perçu comme une faiblesse, comme la possibilité d'être remplaçable. De plus, le temps passé à aider un collègue peut provoquer une réelle perte de productivité. Si l'on veut que cela fonctionne, il faut dans ce cas instaurer des périodes précises de partage.

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2 Commentaires

Je déclare d'avance que je suis CMO chez Palo Alto Networks et donc assez concerné. Je n'ai aucun problème avec cet article jusqu'au moment ou Bertrand dit "...et ne les utilisent donc que très peu." Notre étude, qui, contrairement aux sondages multiples, est uniquement basée sur l'analyse du traffic sur le réseau, révèle bien le contraire. Cette étude est accessible ici: http://www.slideshare.net/Palo_Alto_Networks/palo-alto-networks-application-usage-and-risk-report-key-findings-for-france

Elle démontre ces 4 choses étonnantes:
- sur 85 entreprises analysées, on a trouvé 63 applications de nature réseau social chez 83 entreprises (indiquant donc aussi que les employées de seulement 2% des entreprises n'utilisent pas de réseaux sociaux au travail.)
- on trouve une moyenne étonnante de 16 applications différentes par entreprises, y-inclus les plus répandus comme Facebook, Twitter et Badoo.
- en moyenne, les Français utilisent Facebook un peu plus que la moyenne globale (pas seulement en fréquence mais surtout en termes de bande passante)
- les Français sont surtout des "voyeurs" au travail. C'est-à-dire, ils observent intensément leur "mur" sur Facebook mais écrivent très peu. Par contre, ils jouent plus de jeux sur Facebook que leurs collègues autour du monde.

Voilà ce que "disent" leurs réseaux. À vous de juger si les Français "ne les utilisent donc que très peu."

Soumis par rbonvanie - le 10 février 2012 à 13h17

@rbonvanie : c'est ce que j'entend par "utilisent peu". Comme le prouve cette récente étude de la CEGOS d'ailleurs : http://www.lemoniteur.fr/149-vie-de-l-entreprise/article/actualite/871937-les-salaries-ont-un-usage-passif-des-reseaux-sociaux
Pour moi "utiliser" implique une dimension active voire proactive qui n'est pas encore naturelle pour tout le monde. Beaucoup de présence donc, mais également une grande part d'attentisme. Et ce, a fortiori, pour les usages professionnels.
Cela s'explique bien sur par certains facteurs culturels mais également par le niveau de confiance qui existe entre salarié et entreprise.

Soumis par Bertrand Duperrin (non vérifié) - le 13 février 2012 à 16h17

Les français utilisent peu les réseaux sociaux ou les utilisent-ils beaucoup ?

Les analystes se battent, ne se mettent pas vraiment d'accord sur le fond mais joue avec la forme de leur propos ... bref on est loin d'une démarche scientifique qui crédibilise le discours relayé ici.

C'est bien dommage car il y a du vrai dans ce dossier :)

Soumis par ocarbone (non vérifié) - le 21 février 2012 à 10h13

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