En France, à la veille d'un plan gouvernemental d'équipement en

Par 09 octobre 1997

nouvelles technologies, l'école dresse un bilan très contrasté d'Internet comme outil pédagogique. Tout le monde se souvient que le 25 août dernier à Hourtin, Lionel Jospin affichait sa volonté de "...

nouvelles technologies, l'école dresse un bilan très contrasté d'Internet
comme outil pédagogique. Tout le monde se souvient que le 25 août dernier
à Hourtin, Lionel Jospin affichait sa volonté de "généraliser l'équipement
et l'accès aux réseaux d'informations" dans les écoles. Claude Allègre,
ministre de l'Education nationale renchérissait peu après "on va connecter
tout le monde" "chaque classe aura son adresse électronique et, dans les
grandes classes, chaque élève". Les modalités du plan d'action seront
normalement précisées à la fin de ce mois. Quelque 2 000 écoles sont
aujourd'hui reliées au réseau. Ces pionniers de l'Internet à l'école ne
sont pas tous enthousiastes. Ainsi, Jean-Georges Helm, instituteur d'une
classe de CM1 à Strasbourg, pourtant féru d'informatique, se demande "On
dit "Internet Internet", mais est-ce que ça apporte quelque chose ? Reste
à évaluer la portée pédagogique de cet outil". Auteur "d'Internet mode
d'emploi pour l'enseignement" (1), Dominique Ruhlmann explique
qu'Internet ne doit pas être une activité à part, mais doit faire partie
de la vie de la classe, comme dans le cadre d'échanges avec l'extérieur.
Ainsi, à l'idée de peaufiner un texte destiné à une classe de Toronto au
Canada, les élèves se montrent davantage motivés. Des défis peuvent aussi
se lancer entre plusieurs classes connectées autour, par exemple, d'un
"jeu mathématique". Selon Jean-Georges Helm, le réseau est "incitateur",
voire "largement déterminant pour que certains enfants se mettent au
travail". Selon Pierre Weis, Directeur de recherche à l'Inria, Internet
est pour les enseignants "un bon moyen d'échanger des exercices ou des
cours, de ne pas rester isolés". L'écueil, dans tous les cas vient de
l'encadrement. Néophytes pour la plupart, les professeurs sont vite
débordés par les problèmes techniques et doivent surveiller les élèves
pour éviter qu'ils n'aillent surfer sur des sites incorrects. Pour
atteindre l'objectif de Lionel Jospin qui ne veut pas voir le fossé se
creuser "entres les jeunes dont les parents peuvent acheter un ordinateur
et ceux qui n'ont pas cette chance", le seul moyen c'est d'avoir des
enseignants à l'aise avec les nouvelles technologies. Comme le déclare
Gilles Braun, du bureau des technologies nouvelles au ministère de
l'Education "nous avons un problème de formation continue, la moyenne
d'âge des enseignants étant de 40-45 ans et la formation n'étant pas
obligatoire" "reste la formation initiale en IUFM où nous commençons à
mettre en place des cours de nouvelles technologies".
(1) édité par le Centre régional de documentation pédagogique Bretagne -
92 rue d'Antrain BP 158 35003 Rennes Cedex
(Supplément Multimédia Libération - 10/10/1997)

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