Le futur des communications sans-fil dépend des fibres

Par 13 mars 2008

Connecter les antennes des réseaux mobiles via câbles transmettant l'information sous forme d'ondes lumineuses améliorera aussi bien la couverture desdits réseaux que leur vitesse de transmission.

La fibre optique est le matériau de l'avenir pour les communications... sans-fil. Cela pourrait paraître paradoxal s'il ne s'agissait pas du développement des infrastructures des réseaux de téléphonie mobile. Des chercheurs de l'université de technologie de Chalmers (Suède), étudient actuellement la possibilité d'employer ce type de câblage opto-électrique pour la diffusion des signaux de micro-ondes, ceux là mêmes qui permettent aux téléphones portables d'accéder au réseau. L'idée est ici de relier les antennes émettrices des opérateurs via fibre optique en remplacement des actuels câblages électriques. Les chercheurs suédois sont parvenus à réaliser un transfert de données sans-fil à la vitesse de 2,5 Gbit/s via un signal cadencé à 40 GHz, ce à travers un câble optique long de 44 kilomètres. Une évolution aux multiples avantages pour les fournisseurs mais également pour les utilisateurs.
Haute fréquence et longue distance
"Les solutions de fibre optique sont particulièrement avantageuses à haute fréquence et à travers de longues distances. Combiner la technologie photonique aux applications de micro-ondes – comme la téléphonie mobile – ouvre de nouvelles possibilités et des solutions techniques intéressantes", a déclaré Andreas Wiberg auteur d'une thèse sur le sujet au laboratoire de photonique de Chalmers. La fibre optique enregistre en effet des performances nettement supérieures en termes de vitesse de transmission des données par rapport aux types de câblages qui prévalent actuellement. Elle permet également l'exploitation de plus hautes fréquences, un atout certain face à la menace de saturation du spectre radioélectrique que pointent certains spécialistes.
Couverture réseau optimisée
Le moindre encombrement induit par la fibre optique, ses faibles coûts, ainsi que son insensibilité aux interférences électromagnétiques sont autant d'arguments supplémentaires en faveur de cette technologie, précise le chercheur. Celui-ci souligne par ailleurs la nécessité de déployer de nouveaux réseaux d'antennes distribués pour assurer une couverture efficace à ces niveaux de fréquence. Dans ce cadre, le chercheur préconise un modèle de gestion des transmissions assuré depuis un poste de contrôle centralisé. Une entité depuis laquelle une allocation dynamique des canaux serait réalisée en fonction des fluctuations du trafic. L'ensemble du système théorisé par le chercheur et explicitement baptisé radio-over-Fibre pourrait donc notablement améliorer les performances de nos réseaux de téléphonie mobile. Des applications d'antennes radar et dans les domaines de l'astronomie sont également évoquées.
L'ETH Zurich quadruple les vitesses de transmission sans-fil

Augmenter le débit des communications sans-fil est un défi que se sont également lancés les chercheurs de l'ETH Zurich. Avec un certain succès puisque ces derniers sont parvenus à quadrupler la vitesse de transmission d'un réseau local (WLAN) sans-fil, le faisant passer d'un débit de 54 Mbp/s à 216 Mbp/s. Une performance permise par un algorithme spécifique précédemment mis au point par les équipes suisses. L'expérimentation de cet algorithme a pu être réalisée grâce à la technologie MIMO (Multiple Input Multiple Output).

Celle-ci autorise différents systèmes "émetteur-récepteur" à communiquer entre eux de façon simultanée via la même bande passante. L'expérimentation en question a consisté à faire fonctionner trois stations, chacune équipée de quatre antennes, au sein d'un seul et unique ensemble. Soit un système multi-utilisateur compact, ont indiqué les chercheurs. Selon eux il s'agirait d'une première en la matière. "Cette expérience prouve que le principe de systèmes multi-antenne est exploitable au sein de réseaux sans-fil complexes".

L'Atelier BNP Paribas

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas