Galileo : Bruxelles souhaite un retour au financement public

Par 07 mai 2007
Mots-clés : Smart city

Et si Galileo, le système de géolocalisation européen au lancement constamment reporté, repassait sous la coupe des pays de l'Union? Selon Reuters, la Commission européenne devrait proposer...

Et si Galileo, le système de géolocalisation européen au lancement constamment reporté, repassait sous la coupe des pays de l'Union ? Selon Reuters, la Commission européenne devrait proposer, pour la suite de l'élaboration du projet, le retrait du contrat de construction au consortium d'entreprises qui le détenait, pour privilégier un financement public.
 
Le système de navigation par satellite ne cesse en effet de prendre du retard. Initialement prévu pour 2008, il a ensuite été annoncé pour 2010. Dans le meilleur des cas... Car pour le moment, le projet, qui devrait comprendre 30 satellites, contre 24 pour son concurrent américain GPS, stagne. Un satellite seulement, baptisé Giove A, a été lancé le 28 décembre 2005, dans le but de réserver la fréquence du signal.
 
Raison invoquée de ces difficultés : le consortium formé en 2005 et composé de  9 groupes industriels comme EADS, Thales, Alcatel-Lucent ou encore Finmeccanica, chargé de mettre le projet en oeuvre, connaît des difficultés pour former l'entité qui sera capable de chapeauter le dossier et pour choisir un directeur général.
 
Ces incidents ont ainsi bloqué les pourparlers entre les industriels et les responsables de l'Union européenne, censés établir les termes de la concession de 20 ans qui devait leur être accordée pour exploiter Galileo.
 
Afin de sortir de cette impasse, les pays de l'Union ont donné jusqu'au 10 mai au consortium pour relancer rapidement les négociations sous peine de se voir retirer le contrôle du programme. Le cas échéant, les membres ont également demandé à la Commission de réfléchir à d'autres options pour relancer le projet.
 
Un tel délai risque désormais d'être difficile à tenir... C'est pourquoi le commissaire européen aux Transports, Jacques Barrot, devrait prochainement proposer au 27 pays de l'Union de reprendre la gestion de Galileo, conçu au départ comme un partenariat public-privé. Le coût total de l'opération, estimé à 3.4 milliards d'euros, serait dès lors assumé par le budget communautaire.
 
Selon une source de l'Union, citée par Reuters, d'autres solutions devraient être proposées par l'exécutif européen, pour une reprise en main d'un programme lancé en 2002. Mais il semble que le choix du financement public ait la préférence de la Commission.
 
Une fois que les satellites auront été construits et placés en orbite, un nouvel appel d'offres pourrait alors être lancé. Si cette option est retenue, la supervision du projet sera confiée à l'Agence spatiale européenne. Les 9 entreprises du consortium ne seront pas déchargées de toute responsabilité et continueront de travailler à l'édification du programme pour les parties technique et technologique, mais n'assumeront plus les risques financiers, sources d'importantes dissensions.
 
L'autre option en lice vise à conserver en l'état le partage des tâches. La mise en place du projet ne pourrait alors être effective avant 2014.
 
Quelle que soit la solution envisagée, le GPS américain a encore de beaux jours devant lui...
 
(Atelier groupe BNP Paribas - 07/05/2007)

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