Des garde-fous pour entourer les solutions d'extraction de données

Par 21 décembre 2009
Mots-clés : Smart city

Sans législation claire, les inquiétudes autour de la vie privée limiteront le développement d'applications - de santé, sur le trafic... - utilisant des données sur les utilisateurs.

Il sera difficile de tirer véritablement avantage des technologies d'extraction de données sur les utilisateurs en temps réel si on ne s'accorde pas clairement sur quels aspects de la vie humaine peuvent être observés et par qui. Car si ces solutions s'annoncent prometteuses dans des secteurs comme la santé ou la régulation du trafic, elles impliquent l'utilisation d'informations considérées comme privées. Autant d'inquiétudes que Tom Mitchell, un professeur de l’université de Carnegie Mellon, trouve légitimes. Pour limiter les abus et apaiser les inquiétudes liées à la protection de la vie privée, le chercheur propose deux solutions. La première est d’ordre technique et la deuxième sociétale. "Une des approches possibles consiste à récupérer les données depuis de nombreuses organisations différentes sans les rassembler dans un centre de données central", explique Tom Mitchell.
Approche technique contre approche sociétale
Par exemple, les hôpitaux pourraient étudier les données médicales à leur disposition pour évaluer l’efficacité de certains traitements. Les résultats seraient ensuite cryptés et rendus anonymes avant d’être combinés avec ceux des autres hôpitaux. "Mais je crois qu’un débat public sur les règles d’acquisition des données est plus important qu’une approche technique", affirme le professeur américain. "Tant que les problèmes de propriété et de protection n’auront pas été résolus, ils constitueront des facteurs limitants à l’utilisation de l’extraction de données pour améliorer la vie quotidienne". Et à en croire le chercheur, ces avantages pourraient être aussi nombreux que conséquents.
De nouvelles possibilités mais aussi de nouvelles inquiétudes
Par exemple, en intégrant les données mobiles avec les dossiers médicaux mis à jour en temps réel, il deviendrait possible de proposer une application qui détecterait si l’utilisateur s’est trouvé à proximité d’une personne diagnostiquée comme contagieuse. Certaines données en temps réel sont déjà exploitées, par exemple pour évaluer le niveau de trafic dans certaines villes par l’intermédiaire des smartphones. Autre exemple, en analysant les recherches Google, des chercheurs ont pu établir la liste des zones les plus contaminées par la grippe A de façon plus efficace que l’agence gouvernementale concernée.

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