Les géants des télécoms se laissent séduire par les start-up.

Par 05 novembre 1998

Non seulement la libéralisation exacerbe la compétition entre les opérateurs, mais surtout elle change la nature même de leur activité. Récemment, le magazine américain Red Herring écrivait “à trave...

Non seulement la libéralisation exacerbe la compétition entre les
opérateurs, mais surtout elle change la nature même de leur activité.
Récemment, le magazine américain Red Herring écrivait “à travers des
fusions et des acquisitions, les opérateurs se transforment en
conglomérats de communication multiservices”.
Ainsi, France Télécom a investi dans des entreprises de contenu, avec une
prise de participation dans Echo, l’inventeur du moteur de recherche sur
Internet “Voila”. L’opérateur convoite maintenant Overgame, un site
spécialisé dans les jeux vidéo appartenant à l’Ile des Media, une agence
de presse on line.
Le champ d’action est vaste, allant des acquisitions à des prises de
participations, aux fonds de capital-risque ou de capital investissement.
Aux côtés de banques, d’investisseurs institutionnels et d’industriels,
France Télécom détient 20 % d’Innovacom. Il y a un an, Deutsche Telekom a
créé sa filiale à 100 % T-Venture dotée d’un fonds de 100 millions de DM.
Vivendi a tout récemment investi 200 millions de F dans Viventure. Les
opérateurs interviennent également dans les premiers tours de table qui
permettent d’aider une société en création.
Les industriels suivent aussi le mouvement. Ainsi, Cisco a fait part de
son intention d’acquérir chaque année une quinzaine de start-up. Lucent
Technologies a créé un fonds de 100 millions de dollars, Lucent Ventures
Partners “Lucent New Ventures group aide les chercheurs à financer leur
essaimage”.

Conséquence de ce phénomène, une effervescence créatrice agite le monde
des entreprises de croissance.
Les start-up européennes des télécoms n’ont jamais eu autant d’argent
disponible en capital risque.
La crise boursière aux Etats-Unis n’a que peu d’incidence sur le secteur
des télécommunications qui continue d’attirer les dollars.
Selon Yves Gassot, directeur de l’Idate “les start-up ont leurs propres
cartes à jouer”.
Les nouveaux venus dans les télécoms peuvent inquiéter les ténors
historiques.
(Dossier de cinq pages La Tribune 05/11/1998)

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