Geeks et Boss se donnent rendez-vous au bois de Boulogne

Par 05 juillet 2010

Les 1er et 2 juillet derniers se tenait dans le Pavillon d'Armenonville l'université du SI, ou, pour les intimes, "le rendez-vous des Geeks et des Boss". Je ne suis pas à proprement parler un geek - même s'il m'arrive, c'est vrai, d'aborder des questions épineuses comme la cryptographie quantique ou les planificateurs de tâches dans les infrastructures du cloud - et encore moins un boss, j'imagine. Toujours est-il que j'étais présent, sous un ciel étincelant, dans ce pavillon du Bois de Boulogne, en ce début de mois de juillet.
Beaucoup de geeks et de boss, en effet. Beaucoup d'iPad, sur les genoux. Beaucoup de questions ésotériques. Et la présentation de Martin Fowler et Neal Ford, pour ouvrir la seconde journée, pour le moins intéressante : elle m'a au moins fait prendre conscience que la photographie d'un robinet de douche et d'un gâteau aux fruits valent mieux que tous les discours du monde pour expliquer différents "process" à des geeks et des boss. J'ai pris note. Et j'ai bien aimé aussi la démonstration selon laquelle un kangourou en plastique peut s'avérer particulièrement bénéfique au travail dans les salles de programmation. Il apporte en effet une part de fantaisie indispensable pour créer cette atmosphère singulière, propice à la créativité.
La présentation de Fabrice Epelboin a particulièrement suscité l'adhésion, si j'en crois les tweets des personnes présentes dans la salle au moment de son keynote. Et moi-même, présent également, je dois reconnaître que le sujet était bien amené. Avec un vrai dynamisme. Et avec un détour par l'histoire, ce qui n'est pas pour me déplaire, pour rappeler aux geeks et aux boss les risques inhérents à tout progrès technique, si aucune précaution n'est mise en place parallèlement. Le bloggueur a expliqué en quoi la dichotomie entre démocratie et dictature, qui a prévalu tout au long du second XXe siècle, est aujourd'hui plus nuancée, plus complexe. "Democracy is so yesterday", souligne-t-il avec un sourire. En substance, tout régime politique mêle aujourd'hui une part de démocratie et une part de dictature. Le débat s'axant désormais entre "société de surveillance" et "vie privée", ou encore entre "propriété intellectuelle" et "culture libre". Avec une belle conclusion sur l'importance du partage entre les boss, justement, qui mettent en place des règles essentielles, et les geeks, fervents défenseurs de la liberté du Web.
L'université du SI, cette année, a aussi fait la part belle au cloud computing.
Guillaume Plouin, responsable offre Cloud, chez Octo Technology, en a fait un catalyseur pour transformer son DSI. Le cloud supprime les délais de mise à disposition des ressources, il fluidifie le travail des développeurs par la confiance. Il sert aussi de plate-forme lab' pour faciliter les tests dans les nuages. Et selon le spécialiste, c'est la raison pour laquelle il faut dépasser le simple débat sur la fiabilité, ou sur la confidentialité des données, pour évaluer avec précision l'intérêt de ces infrastructures nuageuses.
Gerd Leonhard, du site mediafuturist, a affirmé de son côté qu'il fallait ouvrir les nuages à la foule ("to connect the crowd with the cloud", voilà le grand enjeu, selon lui, aujourd'hui).
Deux journées bien agréables, en somme, qui démontrent que les geeks et les boss ont encore un certain nombre de sujets en commun, et doivent s'associer, partager, échanger.
Et réinventer le monde ensemble, sur terre comme dans les nuages.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas