Gemplus étudie sérieusement une entrée en Bourse pour l’année prochaine.

Par 20 septembre 1998

Son fondateur, Marc Lassus, vient d’embaucher l’ancien numéro deux financier d’Intel, Patrick Jones qui devrait être l’homme de l’opération, à charge pour lui de commencer par rationaliser les finan...

Son fondateur, Marc Lassus, vient d’embaucher l’ancien numéro deux
financier d’Intel, Patrick Jones qui devrait être l’homme de l’opération,
à charge pour lui de commencer par rationaliser les finances de la société
“nous avons attendu trop longtemps pour renforcer notre organisation
financière qui est notre point faible. Elle n’est pas adaptée à une
entreprise qui emploie 4 000 personnes et qui fait 3,5 milliards de
chiffre d’affaires”.
Après avoir renforcé cette année son actionnariat en faisant rentrer au
capital le japonais NTT, l’américain GE Capital et Dassault, Gemplus se
trouve désormais à un tournant important, le marché de la carte à puce
devenant de plus en plus celui de solutions intégrées pour des services
variés comme l’explique Marc Lassus “95 % de nos ventes sont encore dans
la vente de composants, mais nous voulons aller vers de plus en plus de
valeur ajoutée avec le logiciel et les services intégrés”.
Après avoir renforcé considérablement ses équipes de développement
logiciel, Gemplus cherche à créer de nouveaux marchés en plaçant ses puces
dans les objets de luxe pour éviter la contrefaçon ou en les utilisant
pour remplacer les codes-barres sur les marchandises.
Mais il faut aussi améliorer la rentabilité de l’entreprise. De 140
millions de F en 1996, le bénéfice net a chuté en 1997 à 14 millions de F
pour un chiffre d’affaires en hausse de 50 %. Cette contre-performance
serait due essentiellement à l’acquisition de Skidata, à la création de
nouvelles usines en Chine et au Mexique ainsi qu’à l’agrandissement du
site de Gémenos en France. Patrick Jones assure “cette année, le bénéfice
net sera significativement plus important que celui de 1997. A l’avenir,
la société est capable et devrait réaliser, un résultat après impôt de 4 à
5 % ainsi que 15 % de rentabilité nette sur fonds propres. C’est notre
objectif”.
Ayant depuis janvier réduit le nombre de ses salariés de 4 100 à 3 900,
diminuer ses stocks et accentuer les synergies entre les usines, “les
résultats opérationnels seront” en conséquence “bien meilleurs cette
année”.
Marc Lassus assure “cette année aurait été exceptionnelle s’il n’y avait
pas l’Asie, mais nous battrons encore des records en termes de chiffre
d’affaires à la fin de l’exercice”. La croissance des ventes de
téléphones portables a permis de soutenir l’activité en Europe. En
revanche, les établissements financiers en Amérique du Nord ne s’étant
toujours pas convertis à la carte à puce, ce marché ne décolle pas.
Réalisant 90 % de son chiffre d’affaires hors de France, Gemplus s’est
réorganisé en trois régions (Europe, Asie, Amérique) en début d’année .
Daniel Le Gall, confondateur de Gemplus, a pris la direction
opérationnelle de la société.
Installé désormais à Londres, Marc Lassus se consacre au développement
international et aux acquisitions.
(Les Echos - 21/09/1998)

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