La généalogie d'un réseau social permet d'identifier ses membres clés

Par 02 septembre 2010

L'université du Maryland propose de renverser trois modèles mathématiques qui permettent habituellement d'anticiper le développement d'un réseau social, pour déconstruire celui-ci.

S'il est possible de prédire la diffusion de l'information sur les réseaux sociaux en prenant en compte leur structure, d'étudier les similitudes entre plusieurs membres, ou encore de déterminer les nœuds les plus influents, les interactions permettent également de déconstruire le réseau, explique une équipe de scientifiques de l'université du Maryland, aux Etats-Unis. Les chercheurs se sont intéressés au réseau musical Last.fm, en appliquant plusieurs modèles statistiques afin d'"élaborer une histoire de la croissance du réseau", à partir des connexions présentes. Leur étude* propose de créer une généalogie de la plate-forme pour observer son évolution. Trois modèles mathématiques qui servent habituellement à anticiper le développement d'un réseau social ont été renversés pour définir l'état probable de celui-ci au moment de son émergence.
Renverser plusieurs modèles de diffusion
Le premier modèle mathématique est le modèle DMC, pour "duplication-mutation with complementarity". Il est semblable à la multiplication des cellules. Il s'agit de prendre un nœud, d'en générer une copie conforme, avec les mêmes relations sociales, et d'introduire ou de supprimer quelques liens de façon aléatoire. Le second modèle est dit du "feu de forêt" : le feu se diffuse en fonction de la proximité d'autres nœuds. Enfin le troisième et dernier modèle est qualifié "d'attachement préférentiel". Plus un nœud se connecte à d'autres nœuds, plus il gagne en popularité, et plus il attire d'autres nœuds. Les chercheurs ont mis au point des algorithmes, à partir de ces trois modèles, qui permettent d'estimer l'arrivée des membres sur le réseau social.
Des membres du réseau plus ou moins centraux
Et d'identifier certains nœuds clés ayant grandement contribué à développer tel ou tel groupe. Afin de tester leur méthode mathématique, ils se sont penchés sur des réseaux qui contenaient d'ores et déjà des historiques, et leurs résultats indiquent une pertinence de 60% pour le modèle DMC, et entre 25 et 60% pour celui du "feu de forêts". Le dernier modèle, de "l'attachement préférentiel", offrant les meilleurs résultats, supérieurs à 70%. "Parmi les trois modèles considérés, l'attachement préférentiel est celui qui se renverse le plus aisément", concluent ainsi les scientifiques.
* "Network archaeology : uncovering ancient networks from present-day interactions".

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