La gestion d’Internet pourrait devenir une affaire américaine.

Par 02 octobre 1998

Délégué permanent de l’AFA (l’association française des fournisseurs d’accès), Jean-Christophe Le Toquin pronostique “la situation n’est pas simple, mais elle va par la force des choses s’éclaircir ...

Délégué permanent de l’AFA (l’association française des fournisseurs
d’accès), Jean-Christophe Le Toquin pronostique “la situation n’est pas
simple, mais elle va par la force des choses s’éclaircir prochainement”.
En effet, les autorités américaines ont annoncé mercredi dernier qu’elles
assureraient la gestion des noms de domaines de l’Internet encore pendant
une semaine, alors qu’elles avaient prévu de s’en désengager à la fin du
mois de septembre.
Au niveau de chaque pays, les noms de domaines sont attribués et gérés par
le bureau local du NIC habilité à attribuer des noms avec les extensions
“.fr”, “.de”, etc.
L’Iana gère aux Etats-Unis les noms de domaines de type “.com” et
délègue leur commercialisation à une société de droit privé Networks
Solutions.
Le gouvernement américain a indiqué l’année dernière que l’agence qui
supervise ce dossier passerait la main. Après de nombreuses polémiques,
les Américains ont établi en juin un livre blanc fixant la date limite du
30 septembre pour la création d’un conseil d’administration de 19 membres.
Si en principe une large concertation préside à l’établissement de cette
commission devant statuer sur l’avenir des noms de domaine, un certain
nombre d’options semble se dégager dans la pratique. Jean-Christope Le
Toquin affirme “les Américains souhaitent qu’il s’agisse d’une structure
américaine dépendant du droit de Californie ou du Delaware”.
Estimant ne pas avoir le poids politique suffisant pour peser sur les
décisions qui seront prises dans les jours à venir, les professionnels de
l’Internet en Europe semblent accepter aujourd’hui cette option.
Une première liste de noms existerait déjà pour cette commission de 19
membres, selon un fournisseur d’accès européen, comprenant 5 Américains, 3
Asiatiques, 4 Européens et vraisemblablement 2 institutions
gouvernementales américaines. Un ISP français exprime ses craintes “si
les Américains mettent la main sur cette structure de tutelle, cela peut
être lourd de conséquences pour l’ensemble de la profession. Derrière les
noms de domaine, c’est la question des choix technologiques et du respect
du droit des marques qui est en question”.
(La Tribune - 02/10/1998)

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