La gestion des données personnelles a besoin de règles et de transparence

Par 30 mars 2010
Mots-clés : Smart city

Demos a pris le pouls des Britanniques qui s'inquiètent d'une utilisation anarchique de leurs informations. Parmi les exigences : celle de garder le contrôle, de n'autoriser la diffusion qu'à des acteurs choisis...

La meilleure défense contre les abus liés à l'utilisation inappropriée de données personnelles est de rendre leur gestion aussi démocratique que possible", affirme Demos dans un rapport. Le groupe de réflexion britannique a interrogé quarante personnes pour savoir comment elles abordaient la question de la gestion de leurs données privées dans des secteurs comme la publicité personnalisée, la santé, ou la sécurité nationale. Le but étant de trouver des mesures concrètes à proposer. En ce qui concerne le domaine du marketing, les individus se sont montrés conscients des possibilités offertes et assez peu inquiets de l'état actuel des choses. Mais ils ont insisté sur l'importance de garder le contrôle sur la manière dont le ciblage était effectué. Une plus grande transparence leur a également semblé nécessaire, par exemple en obligeant les entreprises à donner clairement la liste des tiers ayant accès aux données récupérées.
Mise en place d'un organisme indépendant
Là encore, la notion d'accord préalable est nécessaire, notamment dans les cas où il a des conséquences directes sur les prix appliqués ou les produits proposés. La nécessité de protéger les personnes plus vulnérables est aussi apparue comme un impératif. Pour dissuader les entreprises d'abuser des données mises à leur disposition par leurs consommateurs, le panel suggère de publier la liste des cent entreprises ayant le plus fauté. Sur la question des données médicales, l'inquiétude des participants s'est concentrée sur la nécessité de limiter leur accès au personnel dûment habilité. La mise en place d'un organisme indépendant décidant ce qui pourra être consulté et par qui est apparue comme une solution envisageable. Ils demandent également à généraliser la pratique du consentement préalable avant de rendre des données sensibles accessibles, notamment dans le domaine de la recherche.
Mettre au pilori les entreprises les plus fautives
De même, le panel a insisté sur la nécessité de mettre en place des niveaux d'accès aux informations et de donner l'obligation aux médecins d'informer leurs patients lorsqu'ils s'apprêtent à divulguer des informations les concernant. Enfin, si les personnes interrogées se sont globalement montrées confiantes dans la manière dont les agences gouvernementales utilisaient leurs informations - en particulier dans le cadre d'enquêtes policières -, elles ont clairement exprimé leur volonté de voir ces mesures strictement limitées aux cas les plus graves. De manière générale, l'étude souligne la nécessité de sensibiliser les citoyens par des campagnes spécifiques, notamment à destination des parents, des professeurs et des plus jeunes.

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