Google s’aventure sur le terrain du covoiturage

Par 07 juillet 2015
Le covoiturage façon Google

Google a officiellement annoncé le lancement de son service de covoiturage. Nommée RideWith, l’application n’est pour l’instant disponible qu'en Israël et exclusivement sur Android.

La course est lancée. Le géant californien Google vient d’annoncer la mise en service de son application de covoiturage en Israël, nommée RideWith. L’application prend le modèle du plus célèbre des services de transports urbains, Uber alors que la firme de Mountain View avait pourtant investi 258 millions de dollars dans l’application en août 2013, montrant déjà son intérêt pour les services de mobilité et réfléchissant à un potentiel débouché pour sa Google Car. De l’autre côté, Uber serait en train d’effectuer des tests de voitures sans chauffeurs. En effet, en mai 2015, une voiture truffée de capteurs avait été repérée dans les rue de Pittsburgh aux États-Unis, sur laquelle on pouvait lire « Uber’s Advanced Technologies Center ». Plus tôt en février, Uber avait en effet annoncé l’ouverture d’un centre de recherche de voitures autonomes à Pittsburgh, car ce type de véhicule « fait partie des efforts de recherches de cartographie, de sécurité et d’autonomie » déclarait l’entreprise dans un communiqué.

Un service qui joue la carte de l’humain

Même si Google réfléchit à l’étape d’après, à savoir la mobilité intelligente grâce aux voitures autonomes, l’entreprise préfère tabler sur l’humain pour commencer à déployer son service de mobilité RideWith. Restreignant le service seulement au « car pooling », Google s’aligne plutôt sur le français Blablacar, bien parti pour devenir la référence européenne du car sharing. Ces services sont en plein essor au vu des avantages qu’ils proposent : désengorger les villes, économies sur les migrations pendulaires, pollution amoindrie… L’argent que récolte le conducteur sert généralement à couvrir les frais comme l’essence.

RideWith sera exclusivement disponible sur Android, et s’appuiera sur l’application de GPS Waze, que l’entreprise s’est offert il y a deux ans pour un peu plus d’1 milliard de dollars.

RideWith n’est disponible qu’aux heures de pointe et calcule le prix de la course par rapport au kilométrage et à une estimation de la consommation de carburant. Le conducteur est alors en mesure d’accepter ou de décliner la course, et il ne peut effectuer que deux courses dans une journée pour éviter que certains y voient une ouverture de business.

Le fantôme de la Google Car

À l’heure de l'économie du partage, les services de covoiturage sont en pleine explosion, en dépit des questions législatives et économiques qu’ils soulèvent. Ce pilote lancé à Tel-Aviv, qui s’ouvrira plus tard dans d’autres villes, annonce la route que Google est en train de suivre pour les années à venir, notamment avec sa voiture autonome. Selon les rumeurs, la Google Car serait techniquement au point et serait en ce moment en pilote à Palo Alto. La voiture sans chauffeur aurait déjà parcouru près d'un million de kilomètres consécutifs sans le moindre accident.

Tous les grands constructeurs automobiles développent tour à tour des concept car capables d’évoluer sur les routes sans interventions humaine. Le nouveau modèle S de Tesla est déjà en partie autonome, Audi possède un prototype tout droit sorti de son lab dans la Silicon Valley et Apple plancherait aussi sur son propre modèle via le projet Titan… Si l’entreprise de Mountain View reste en tête pour le moment, tous sont conscients que ces véhicules constituent la « next big thing » et un des piliers de la mobilité du futur dans le cadre des smart cities.  La préoccupation actuelle est à se concentrer sur les services proposés autour de ce véhicule pour l’instant freinés par les législations. En effet, les entreprises dans la course veulent maîtriser ces services, partie intégrante de la mobilité du futur, la valeur de la voiture migrant de plus en plus vers le software.

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