"Le gouvernement est un acteur important du processus d'innovation"

Par 21 juillet 2010
Mots-clés : Smart city, Europe

Pour innover, les entreprises doivent explorer des directions qu'elles ne maîtrisent pas forcément. Un soutien gouvernemental est également primordial, pour les encourager dans cette voie. Gros plan sur la Silicon Valley.

Entretien avec Vinnie Mirchandani, ancien analyste chez Gartner et auteur de The New Polymath. Il sera à Paris le 23 juillet pour présenter son ouvrage au Delaville Café.
L'Atelier : Quel est ou devrait être le rôle du gouvernement dans le processus d'innovation ?
Vinnie Mirchandani : Le gouvernement est un acteur important dans cette affaire. Il existe de nombreux exemples prouvant son intervention - à l'échelle fédérale, locale ou nationale - pour aider l'innovation. Il faut voir l'exemple de l'Allemagne et comment, à travers des aides, elle a encouragé le développement de sa propre Solar Valley. Le problème, et l'un des messages du livre, c'est qu'il me semble que la Silicon Valley ne réalise pas vraiment ce qu'il se passe. En Amérique et dans le monde. La région est vraiment centrée sur elle-même - Google, Apple, Facebook et Twitter sont véritablement perçus comme des cadeaux de Dieu sur Terre. Mais pour autant qu'on reconnaisse leur talent, ils ne représentent qu'une infime partie de l'innovation.
Quel type de défis cela pose à la Silicon Valley ?
Il ne faut pas non plus croire que rien ne se passe dans la région. J'ai réalisé plusieurs cas d'étude dans ce sens. Comme celui de Kleiner Perkins, une société de capital risque qui investit dans les cleantech dans la vallée. Il y a aussi de nombreux exemples de grandes entreprises ayant une démarche innovante, comme General Electric, BMW ou Nike. Pour moi l'innovation ce n'est pas juste écouler 2 millions d'iPad en un mois. Mais plutôt avancer en permanence, peu importe où l'on est. En Estonie, par exemple, qui était sous régime communiste il y a vingt ans, et qui est maintenant un véritable pôle numérique.
Quels sont du coup les freins à l'innovation ?
Je ne pense pas que l'on puisse généraliser. On voit avec General Electric des grandes entreprises capables d'innover. Cette dernière a près de deux mille chercheurs impliqués dans des projets sur lesquels ils ont quasiment la primeur. Il y a aussi l'exemple de BP qui, s'il souffre évidemment actuellement d'une mauvaise presse, dispose d'un groupe de douze personnes et qui a proposé malgré tout un nombre important de projets innovants. D'autres, notamment dans les télécoms, ont plus de mal. Je ne suis pas tendre non plus avec des vendeurs de logiciels comme Oracle ou SAP. Voilà des entreprises à 20, 30 ou 100 milliards de dollars et qui n'innovent pas vraiment. Elles réutilisent ce qu'elles ont développé il y a quinze ou vingt ans.
Vous évoquez le fait que les nouvelles idées se trouvent hors du court. Est-ce que les organisations doivent s'en inspirer ?
 

Toutes, petites et grandes, le peuvent. En règle générale, les entreprises qui connaissent le succès ont tendance à rester sur ce qu'elles maîtrisent, à s'accrocher à leurs valeurs et à ce qui a fait leur succès. Or je trouve que même si à la fin on peut revenir à ses valeurs premières, il est important de ne pas négliger les opportunités qui s'offrent à nous. Je trouve par exemple que l'industrie fait encore peu d'efforts pour valoriser les femmes. Peut-être que l'inattendu se trouve de ce côté.
Retrouvez l'intégralité de l'entretien avec Vinnie Mirchandani sur le site de L'Atelier US.

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