Grâce à Internet, les criminels blanchissent l'argent sale et volent aux

Par 19 février 1998
Mots-clés : Smart city

compagnies téléphoniques des centaines de millions de dollars. Comme le montre l'ouvrage de Serge Le Doran et de Philippe Rosé "Cyber Mafias", les mafias, bien que mises à mal depuis quelques années...

compagnies téléphoniques des centaines de millions de dollars.
Comme le montre l'ouvrage de Serge Le Doran et de Philippe Rosé "Cyber
Mafias", les mafias, bien que mises à mal depuis quelques années par les
gouvernements, demeurent redoutables "le crime organisé réalise au niveau
mondial un chiffre d'affaires égal à 1 000 milliards de dollars". Dans ce
livre, on apprend comment les criminels détournent à leur profit
l'informatique, le téléphone cellulaire, l'ordinateur personnel et le
réseau Internet.
Sur Internet, des banques se sont créées pour blanchir l'argent sale,
échappant à toutes les règlementations nationales. La "monnaie numérique"
se présentant sous la forme de "jetons" pouvant être stockés dans la
mémoire des ordinateurs, se transporte dans le monde entier sans aucun
contrôle. Cette monnaie, négligeable pour l'instant "prendra une
importance considérable dans trois à cinq ans". De plus, "le gain est en
moyenne de 250 000 dollars. Et la probabilité de se faire prendre de
seulement 2 %" dans le cas des hold-up électroniques alors que le butin
moyen d'un "casse" à l'ancienne s'élève à 3 551 dollars (21 625 F environ)
avec 82 % de chances de terminer en prison.
Les téléphones portables sont aussi particulièrement visés. Si certains
truands se contentent de voler l'appareil, d'autres utilisent "un scanner"
qui balaie les fréquences radio pour dérober les numéros téléphoniques des
propriétaires d'un portable. Ce numéro peut être revendu plusieurs
centaines de dollars. Ils peuvent même dérober les codes confidentiels.
Réalisé à grande échelle, cette fraude a coûté en 1996, 650 millions de
dollars aux compagnies de téléphone américaines (plus de 5 % de leur
chiffre d'affaires).
Bien entendu, les pouvoirs publics ont organisé la riposte en formant des
spécialistes, achetant du matériel et tentant d'imposer des règles. Mais
le combat s'avère difficile. Selon les auteurs du livre, les moyens des
criminels "dépassent largement ceux des polices de tous les pays", les
gouvernements "seraient plutôt en train de prendre du retard".
(Cyber Mafias - aux Editions Denoël)
(Le Figaro - 18/02/1998)

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas