Les grandes manoeuvres sont à l'ordre du jour dans les télécoms. France

Par 01 août 1997

Télécom-Deutsche Telekom-Sprint, BT-MCI et Unisource regroupant le suédois Telia, le hollandais PTT Telecom, le suisse Swiss PTT alliés à ATT sont les trois camps bien décidés à se partager le march...

Télécom-Deutsche Telekom-Sprint, BT-MCI et Unisource regroupant le suédois
Telia, le hollandais PTT Telecom, le suisse Swiss PTT alliés à ATT sont
les trois camps bien décidés à se partager le marché européen. Dès 1990,
BT s'est orienté vers l'Amérique. Avec plus de 5 milliards de dollars, la
société a pris en juin 1993 20 % du capital de MCI, deuxième opérateur
américain longue distance. Pour attaquer le marché des grandes entreprises
internationales, les deux alliés ont créé la société Concert. BT devrait
débourser environ 20 milliards de dollars pour acquérir les 80 % restants
du capital de MCI. De leur côté, France Télécom et Deutsche Telekom ont
tout d'abord joué la carte européenne. Une société commune baptisée Atlas
a été créée pour vendre leurs services aux grandes entreprises
européennes. Les deux société ont ensuite déboursé 20 milliards de dollars
pour prendre chacune 10 % de Sprint, le troisième opérateur américain de
communication longue distance. Ensemble, ils ont alors créé Global One qui
a repris Atlas, leur cible étant, comme Concert, les firmes
internationales. Bien que n'étant que quelques milliers dans le monde, ces
dernières représentent 20 % du marché mondial des services de
télécommunications estimés à 600 milliards de dollars (soit 3 700
milliards de F) et 33 % des bénéfices réalisés par les opérateurs.
Courtisées comme elles le sont, ces sociétés peuvent en outre imposer de
nouvelles règles du jeu pour faire baisser leurs importantes factures de
télécoms. Les opérateurs historiques de télécoms s'adaptent à ces
nouvelles règles et scellent des alliances internationales pour vendre
leurs services dans le monde entier. Face à France Télécom, Deutsche
Telekom et BT qui disposent d'importants moyens financiers, Unisource mène
un combat difficile. La Générale des Eaux a préféré, en septembre 1996,
l'alliance BT-MCI au duo Unisource-ATT. L'espagnol Telefonica a fait le
même choix début avril. Telia, Swiss PTT, PTT Telecom, en s'unissant
début juin à Unisource lui ont apporté leurs réseaux internationaux avec
comme objectif de transformer le consortiun en opérateur international
capable de rivaliser avec Global One et Concert. De plus, Unisource et ATT
se sont alliés à l'opérateur italien Stet-Telecom Italia début juillet. En
outre, 5 % du capital de Stet-Telecom Italia dont la privatisation est
prévue pour octobre devrait être pris par ATT, la cible étant l'Amérique
du Sud et surtout l'Europe. Ayant jusqu'ici avancé chacune leurs pions en
toute liberté, Unisource, ATT et Stet-Telecom Italia envisagent de
rapprocher leurs activités en Europe. Unisource, déjà présent en Suède,
Hollande et Suisse, grâce à ses actionnaires, a aussi pris pied en
Angleterre, Allemagne, France, Italie, seul ou avec des partenaires.
Unisource et ATT sont alliés à Mannesman Deutsche Bahn en Allemagne. Le
contrôle de Siris a été pris en France avec le rachat des parts de son
ex-allié, la Générale des Eaux. Stet-Telecom Italia est de son côté
présent en Espagne et en France dont il est le partenaire clé de Bouygues.
Achevées en décembres, toutes ces négociations auront d'importantes
répercussions sur l'avenir de la concurrence.
(Le Figaro - 01/08/1997)

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