Les Green IT investissent la mémoire vive

Par 25 juin 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Pour résoudre les problèmes de consommation énergétique des centres de données, Spansion développe une mémoire économique. L'idée : augmenter sa capacité de stockage pour diminuer le nombre de serveurs nécessaire.

Les data centers sont des consommateurs d'énergie de plus en plus gourmands. Entre 2000 et 2005 cette dépense a doublé, en passant de 71 milliards de kilowatt par an à 150 milliards. Les USA et l'Europe étant responsable à eux seuls des deux tiers du total. Or, si la tendance persiste sur cette lancée, la demande en électricité des centres de données devrait croître à une vitesse exponentielle, notamment par une croissance asiatique en plein essor. Pour pallier ces problèmes énergétiques, Spansion a révélé cette semaine le développement d'une solution nommée EcoRAM. Ces mémoires étant élaborées dans l'objectif de remplacer les DRAM traditionnelles dans les data centers, et très demandeuses d'énergie. Selon ses concepteurs, le système peut permettre d'économiser jusqu'à 75 % de la consommation énergétique habituelle.
Moins de serveurs, moins d'énergie
"Les architectures de serveurs traditionnelles sont dépassées par les requêtes de plus en plus nombreuses des consommateurs : on a besoin de plus en plus de serveurs, et de plus d'énergie pour refroidir ces serveurs", explique Rufus Connel, vice président de Frost and Sullivan, un cabinet de conseil en industrie."Un réel problème pour les data centers, aussi bien en termes financiers qu'écologiques". EcoRAM veut résoudre ces obstacles en permettant de diminuer le nombre de serveurs nécessaires. Le fonctionnement est simple. Habituellement, les data centers utilisent des DRAM au format DIMM (Dual in line Memory Modules) : une solution qui fournit un accès immédiat et rapide aux données, mais très gourmand en électricité. Ce système utilise en plus des disques durs conventionnels, afin d'augmenter ses capacités de stockage de contenu.
Quatre fois plus de mémoire
Mais le nombre de DRAM dans un seul serveur est limité pour des raisons d'énergie justement, ce qui demande aux managers IT de multiplier le nombre total de serveurs dans leurs data centers. Or une EcoRAM contient huit fois plus de capacité de stockage par DIMM, ce qui permet aux managers de diminuer le nombre de serveurs. Ainsi, là où on avait besoin de quatre serveurs basés sur des DRAM, seul un serveur EcoRAm sera requis. Une capacité de mémoire augmentée donc, avec des performances égales au final, mais plus économiques. "L'idée est aussi de tenter de réduire les coûts faramineux engendrés pour les entreprises en nouvelles technologies", précise Bertrand Cambou, PDG de Spansion.

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