Green Light mesure la consommation d'énergie des data centers

Par 29 juillet 2008

Grâce à des capteurs situés dans les centres de stockage, le projet compte contrôler au plus près les dépenses énergétiques du secteur IT. Et via les données récoltées, optimiser la consommation des architectures.

L'industrie IT consomme autant d'énergie que le secteur de l'aéronautique et dégage presque autant d'émissions de carbone. Or une meilleure gestion des besoins des machines permettrait des économies significatives. C'est pourquoi la University of California San Diego (UCSD) développe un instrument pour mesurer l'efficacité énergétique des systèmes informatiques. L'objectif à terme : que les designers et utilisateurs repensent leur utilisation des machines et du coup leur approvisionnement en énergie. Le projet, baptisé Green Light, s'échelonnera sur trois ans, et reposera entre autres sur l'installation de capteurs dans les centres de données. Ces derniers mesureront la température, l'humidité, la consommation d'énergie et d'autres variables dans ces environnements de stockage. Et devront en plus contrôler les mêmes paramètres au sein même des serveurs. Les chercheurs espèrent pouvoir utiliser les données ainsi collectées pour minimiser l'énergie nécessaire au fonctionnement des machines.
A terme, un logiciel d'optimisation
Mais aussi pour trouver de nouveaux moyens de refroidissement, et surtout développer un software qui automatiserait l'optimisation des stratégies énergétiques pour chaque système."Le projet Green Light va sensibiliser une nouvelle génération d'informaticiens à leur consommation d'énergie", assure Marye Anne Fox, présidente de l'UCSD. "Il va permettre aux utilisateurs de calculer leur consommation, et donner les outils aux investisseurs pour choisir leur juste infrastructure électronique". Car le but est de destiner cet instrument de mesure en priorité aux scientifiques et chercheurs, gros utilisateurs de data centers et donc d'énergie. La présidente de l'UCSD précise ainsi que la consommation d'énergie par rack regroupant serveurs et ordinateurs était d'à peu près 2 kilowatts en 2000. Un montant qui devrait atteindre les 30 kW par rack pour 2010.
Investir dans la bonne architecture
"De plus, chaque dollar dépensé pour renforcer la performance des équipements requiert un autre dollar à dépenser pour refroidir le système", explique Marye Anne Fox. Résultat : les questions de refroidissement et de dépenses énergétiques sont désormais au centre des problématiques informatiques et de développement des systèmes. Avec un instrument comme celui proposé par Green Light, les scientifiques de tous les domaines pourront choisir des systèmes plus efficaces au moment d'investir dans des cyberinfrastructures. "Car certains scientifiques ont besoin de processeurs plus performants, d'autres de moins de mémoire, certains peuvent utiliser des processeurs spéciaux". L'équipe de chercheurs a bénéficié d'une aide de 2 millions de dollars de la National Science Foundation.

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